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Conférence de Varsovie : un fiasco rassurant

par Erasmus Tharnaby

Pendant la conférence de Varsovie, le bourrage de crâne bat son plein. Sur le site de RFI.fr, c'est l'occasion pour la rédaction d'ajouter le mensonge à l'approximation, dans une rhétorique très caractéristique de cette science de l'à-peu-près qu'a toujours été l'écologie.

Rappelons d'abord que le bilan de cette conférence climatisée reste à peu près nul et sans grand suspense. Le ministre de l'écologie polonais qui la présidait a été limogé en cours de conférence. Les ONG qui espéraient que leur poids médiatique ferait la différence (Oxfam, WWF, Grinepisse, etc.) ont claqué la porte hier. Un réjouissant désastre.

Comme pour Copenhague, de douloureuse mémoire, la concertation tente de se baser sur des données scientifiques dont on connait le peu de fiabilité et finit dans le marigot, avec les "mouches du coche" qui zonzonnent furieusement autour et l'éléphant qui accouche d'une souris. Espérons toutefois que tous les plumitifs onusiens ont soupé à leur faim.

La routine écologiste, quoi..

Mais maintenant, je voudrais vous montrer comment la fiction climatique se construit avec un exemple précis tiré du site de Radio France International. Chaque jouréne donne lieu à un compte-rendu assez succint. Si le lecteur veut approfondir le sujet, il clique sur les liens qui le mènent à d'autres piges du même genre, elles-mêmes contenant des liens, et ainsi de suite.

L'article d'aujourd'hui s'appelle Changement climatique : dernier bras de fer à Varsovie. Bien sûr, au milieu de l'article, il faut comprendre pourquoi "agir vite" est "une nécessité" en cliquant sur un lien qui mène vers un autre texte. Il faut lire aussi l'article sur le rapport du GIEC. L'article s'intitule "Réchauffement climatique : le GIEC tire la sonnette d'alarme". En guise de sonnette d'alarme, on sait que le GIEC se demande à voix haute pourquoi il se trompe depuis 15 ans...

En clair, ce sont les titres qui construisent le contenu de l'article. Ces titres renvoient à des contenus beaucoup moins alarmistes et apocalyptiques que leurs titres ne le laissent paraître, mais qu'importe ! Ainsi, pour comprendre pourquoit les ONG ont claqué la porte, le titre nous indique qu'il s'agissait d'un "fracassant départ". On clique et on lit que les ONG espéraient que le cyclone philippin aurait exercé le chantage attendu sur le porte-monnaie des nations développées. Il n'en a rien été mais on se demande bien pourquoi puisqu'à la fin de l'article, à nouveau, un titre vraiment effrayant nous rapporte que les pays pauvres sont "les plus accablés par les catastrophes naturelles".

Sous-entendu : les catastrophes naturelles sont accentuées par le réchauffement planétaire. Les pays riches ne veulent pas entendre les pays pauvres qui souffrent atrocement de cette situation.

Salauds de riches.

Comme on est un peu masochiste, quand on est occidental et écolo-sensible, on clique pour savoir ce qu'on a bien pu faire aux pauvres philippins et consorts. L'article qui avait un titre si effrayant commence par un état des lieux puis poursuit :

"Ce palmarès des pays les plus affligés par les calamités météo confirme une intuition déjà bien ancrée dans la sagesse populaire. (...) Les 10 premières places de ce classement des victimes sont occupées exclusivement par des pays en développement." En d'autres termes, il faut attendre RFI et son institut allemand auteur du classement pour savoir qu'on vit moins en sécurité dans une hutte en paille que dans un immeuble en béton sismique.

On continue.

"Cette causalité n'a pas de fondement scientifique. D'ailleurs, l'institut qui publie l'étude n'a pas fait une démonstration, mais un constat à partir des données statistiques fournies par le réassureur Munich Re." Voilàààààà. Nous y sommes : les assureurs sont en embuscade, qui veulent déjà leur livre de chair. Les victimes du typhon philippin sont déjà loin. Il s'agit de faire bouillir la marmite de Monsieur Munich Re.

Vous avez bien lu : "Cette causalité n'a pas de fondement scientifique." Nous y sommes ! Mais alors ? Que signifiait le titre de l'article s'il n'y a aucune causalité directe établie ? C'est un mensonge ?

Ce n'est pas un mensonge : c'est un titre !

Le lecteur est amené à faire le lien direct entre le climat et les catastrophes. C'est impressionnant, ça permet de peser sur l'opinion à défaut de peser sur les politiques et c'est une arme de culpabilisation massive efficace. Le mobile de ce mensonge nous est d'ailleurs indiqué presque noir sur blanc :

"L'objectif bien sûr est de sensibiliser les Etats afin que le risque climatique soit mieux prix en compte dans l'accord global qui sera signé, si tout va bien, à Paris en 2015." Tout en gardant à l'esprit, bien sûr, que cette corrélation entre les catastrophes et le réchauffement des fesses de Gaïa n'est pas établi. Et pour cause ! Il s'agit surtout que les Etats prennent en compte le "risque climatique" en assouplissant leurs réglementations en direction des assureurs qui veulent bien payer, mais pas pour les pauvres.

Conférence de Varsovie : un fiasco rassurant
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