Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quimper : dévoiement de la résistance

par Erasmus Tharnaby

L'écotaxe, ce linky du camion, n'en finit pas de susciter le réveil des populations exaspérées par l'écologie et tout ce qui s'en réclame. Après la manifestation de Quimper où 15000 personnes sont venues clamer leur ras-le-bol, c'est l'heure du dialogue. Mais il est franchement dommage de limiter cette contestation, du point de vue des causes comme du point de vue des effets, à la seule Bretagne.

D'abord, parce que toutes les régions sont concernées par cet assomoir fiscal qui met encore plus les produits français en danger. Refuser une chose et son contraire, c'est une stratégie bien connue chez les écologistes. Il serait scandaleux de réduire le mouvement à des intérêts catégoriels et à des spécificités régionales au moment où on s'apprête à se faire arnaquer en toute bonne conscience par les américains et leur invasion d'aliments low-cost produits dans des conditions beaucoup trop concurrentielles. Si on voulait faire de la France un mouroir de l'agriculture, on ne s'y prendrait pas autrement.

L'autre aspect insupportable de l'écotaxe, c'est ce mécanisme de flicage permanent qui oblige le transporteur routier à embarquer dans son habitacle de camion un dispositif GPS qui détecte en temps réel et EN CONTINU sa position et donc sa facture pour le percepteur. Pour ceux qui trouvent déjà osé le flicage de la carte bleue, c'est un pas supplémentaire vers une forme de totalitarisme de l'information.

Le plus croquignol de l'affaire, c'est que cette écotaxe a été proposée par les écologistes, c'est à dire dans un déluge de bons sentiments. Comme la vignette pour les vieux de Giscard, qui a fini comme un simple impôt supplémentaire, aucune garantie sur l'emploi des fonds ne permet de justifier son efficacité à long terme. Le mécanisme fiscal est surtout destiné à compenser le désengagement de l'Etat quant à l'entretien des moyens de transport en général. Cette taxe destinée à étouffer encore un peu plus l'agriculture française pendant que le Crédit agricole fait des bénéfices sur le dos des emprunteurs, cette taxe dont les modalités sont franchement liberticides, cette taxe qui reste juste un impôt supplémentaire aurait été proposée par les écolos de droite au tout début.

Raison de plus pour la saboter.

Quimper : dévoiement de la résistance
Commenter cet article

Sceptique 05/11/2013 10:25

Talleyrand!

Sceptique 04/11/2013 10:52

Comme aucun responsable ne s'est encore aperçu que l'écologie était un tissu de bêtises et d'erreurs grossières, tous, autant qu'ils sont, se laissent impressionner par l'aplomb des bonimenteurs verts, qui savent faire peur, pratiquer un chantage. Sarkozy s'est fait avoir, Hollande, aussi. Les sciences ne font pas partie des bases de la formation des politiques. On s'en aperçoit vite.
Voir les deux articles publiés par le site Agriculture et Environnement (lien avec mon blog)

Sceptique 05/11/2013 10:16

Utile, par son rappel d'une difficulté particulière qu'a notre nation avec ses parties les plus pauvres. La Vendée, comme la Bretagne, étaient alors très arriérées, car très pauvres, peu avantagées par la nature. Le Ministre des Affaires Étrangères de Napoléon, dont je ne retrouve pas le nom, qui en avait été l'évêque (à la façon du 18ème siècle) disait de son diocèse qu'il était le "plus crotté de France".
L'économie de la Bretagne a été transformée par l'intervention de l'État dans les années 1950-1960. Tant l'intégration européenne que la décentralisation l'ont fragilisée, la ramenant à sa crispation identitaire.

Erasmus Tharnaby 05/11/2013 09:52

Comment trouvez-vous mon illustration (un peu tardive) ?

Erasmus Tharnaby 05/11/2013 09:52

Nous vivons dans un monde de spécialistes.

Sceptique 05/11/2013 08:55

Le faible bagage d'humanités est maintenant terriblement commun. On constate que l'ignorance des sciences de toutes sortes, de la nature, ou de l'homme, a des conséquences plus graves, car elles exposent les responsables politiques....et les journalistes, à des manipulations.

Erasmus Tharnaby 05/11/2013 08:13

100% raison sur la formation des politiques en général et de nos présidents en particulier. S'ils avaient un peu d'"humanités", on le leur pardonnerait peut-être mais ils sont aussi mauvais en littérature classique (La Princesse de Clèves, Zadig et Voltaire...) qu'en mécanique classique !