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Anne Lauvergeon et la dictature des bons sentiments

par Erasmus Tharnaby

Pour Les Echos, elle est "recadrée". Pour Le Point, elle est "désavouée". Anne Lauvergeon a évidemment dit la vérité sur France-Inter mardi matin : la part du nucléaire en France ne peut pas baisser du jour au lendemain. Selon ses termes, ce n'est pas "réaliste" à moins de vivre à Boboland. "Je ne pense pas que cela soit réaliste aujourd'hui sur le plan économique et pratique." Il ne suffit pas de décréter la pénurie pour qu'elle se produise.

L'ancienne présidente d'Areva aurait donc été aussitôt démentie. Le Point et Les Echos parlent de "l'entourage de François Hollande" sans indiquer de source précise. Le ministre de l'écologie dont tout le monde a oublié le nom, un certain Philippe Martin, en a profité pour déclarer "Je ne sais pas ce qui lui permet de dire ça, mais en tout cas moi je m'inscris en faux par rapport à cette déclaration et je maintiens l'objectif". C'est ça le problème : il ne sait pas.

L'objectif, c'est de rendre l'énergie rare et chère, voire intermittente, en supprimant 50% de la part du nucléaire d'ici à 2025. Bien sûr, l'apparatchik Martin, titulaire d'une maîtrise de droit, va en remontrer dans le domaine de la production électrique à l'ancienne patronne du nucléaire français. On y croit.

Il y a fort à parier que, contrairement à Dominique Voynet, la Lauvergeon a des nerfs et que ces pseudo-rodomontades lui font comme une piqûre d'ortie bio, c'est à dire pas grand-chose. Par contre, au niveau du gouvernement, il y a fort à perdre à voir passer les écolos dans l'opposition juste avant les municipales. On ignore, pour l'instant, si Emmanuelle Cosse est douée pour le grand écart.

Les propos d'Anne Lauvergeon étaient donc ceux d'une femme libre décidée à dire la vérité plutôt que se bercer de mensonge environnemental. La dictature des bons sentiments et le leadership incontestée du gentil Casimir, ce n'est pas pour elle.

Anne Lauvergeon et la dictature des bons sentiments
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