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Ecologie-pipeaulogie

par Erasmus Tharnaby

Pendant que le martyrologe écologiste s'enorgueillit d'une nouvelle figure de sainteté, un quidam victimomane du nom de Evgueni Vitichko, je savoure une 37e place bien méritée au classement Ibeuzigne des blogs de la catégorie écolo.

Laissant donc Emmanuelle Cosse et sa joie de vivre tout à l'organisation de municipales perdues d'avance, je feuillette distraitement la presse FCPE de la fesse gauche, pour tomber sur cet article démentiel : "Un réseau d'élèves qui fait avancer la science". C'est dans le dernier La Revue des Parents, bulletin édité par la FCPE, une véritable mine pour la littérature festiviste.

La FCPE s'y étonne, hypocritement et en première page, de l'existence d'une école à deux vitesses et du déclassement de l'école française. Après avoir milité pour les classes bi-langues c'est à dire l'anglicisation à outrance, les classes européennes, l'abandon des devoirs à la maison et finalement les parents tout-puissants (FCPE = Fuck the Costly Professors and Education), ça s'étonne que les différences sociales ne soient plus gommées par ce "lieu de vie" que devrait être l'école dans l'Île aux Enfants. Ecole déclassée : merci la FCPE !

De l'école aux écolos, il n'y a qu'un pas. C'est page 19 que ça se passe : on traduit au fur et à mesure.

"D'un côté, il y a les chercheurs... qui [veulent] comprendre l'impact des perturbations humaines sur la bio-diversité." Traduction "En enfonçant des portes ouvertes, un labo veut s'assurer des crédits de fonctionnement au prix d'un bourrage de crâne largement répandu par ailleurs."

De l'autre, il y a des élèves qui participent au projet "Vigie-Nature-Ecole". Vous comprenez le lien ? La science, c'est pour être vigilant, c'est bien connu. Si tu penses que la science sert à résoudre des paradoxes et à explorer des territoires inconnus, tu te trompes, cher lecteur. La science, ça sert à transformer chaque lycéen en petit flic écolo, en censeur par l'exemple.

Une gamine, Sophie, s'extasie sur commande : "Ce qui est bien dans ce projet, c'est qu'il faut tout découvrir par nous mêmes." Pour bien apprendre, il faut tout tirer de soi-même et le moins possible des autres. C'est bien connu. On cherche mieux quand on n'a aucun moyen. Plus les tâches sont simples et plus l'abnégation écolo rapproche ces futurs électeurs du bulletin de vote écolo.

Toujours la même Sophie, bonne cliente : "Il a fallu faire un point avec le jardinier pour qu'il arrête d'arracher les mauvaises herbes..." L'horizon, ici, se limite au néo-lithique, bien que le "point" fasse moderne. Les lycéens troquent les ringardes préoccupations sociales ou sociétales qui les feraient descendre dans la rue pour leurs futurs emplois. Ils se consacrent désormais à la seule contre-révolution qui vaille : revenir à l'état de nature avant l'invention de l'agriculture.

Le reste est un tissu de littérature gnangnan de la meilleure eau. Je vous le conseille si vous aimez rire. C'est assez typique du reste de la revue et de l'ambiance "bons sentiments" qui règne chez les parents bobos. Cornec, reviens ! Ils sont devenus fous !

J'ai été approché, il y a quelques années, par un représentant FCPE qui me proposait d'assister aux conseils de classe, ceux-là même dont ils souhaitent la disparition, non sans nihilisme... Le premier argument qu'avançait cet imprudent était qu'ainsi présent au Conseil de classe de mon enfant, je pouvais plus facilement défendre son cas devant les professeurs. Bonjour l'égalité républicaine !

Sachez que l'écologie est de ce côté-là...

Ecologie-pipeaulogie
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