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Maud Fontenoy : le réchauffement pour les tièdes !

par Erasmus Tharnaby

Comme on peut s'y attendre, l'opposition à l'écologie vient de la droite. Maud Fontenoy, qui fut candidate UMP, le sait bien. Le blogueur L'Hérétique aussi, qui me reproche souvent de renier mes convictions de gauche simplement à cause de mon opposition à cette obscure doctrine parareligieuse qu'est l'écologie contemporaine.

Oh la la ! La divine Maud Fontenoy, à la langue si bien pendue, vient nous prier d'ouvrir le débat sur les gaz de schistes. Quelle surprise ! Quelle hardiesse ! C'était ce matin, au journal de France-Inter. Pour Thomas Legrand, à l'affût de la moindre banalité bien-pensante, Maud de Fontenoy a "des choses à dire sur l'écologie". Son propos serait "hétérodoxe". Au bénéfice du chroniqueur, versons l'observation selon laquelle l'intervention de MF vient à propos pour sauver NKM du naufrage annoncé. L'ancienne ministre de l'écologie avait, elle aussi, proclamé que l'écologie n'était ni de droite ni de gauche. Effectivement, elle est d'extrême droite.

L'argument central de ce blog est que l'écologie incorpore, ab ovo, des éléments radicalement opposés à la notion utilitariste de bonheur humain, et des principes en opposition absolue au Bien commun. C'est donc sans surprise que ce livre de Maud Fontenoy, censé apporter une critique utile aux conceptions de l'écologie, ne peut m'apparaître que comme un pamphlet assez banal en faveur d'une écologie cosmétique (à défaut d'être cosmique), dédiabolisée, à destination des gentils citoyens priés de se détourner de la vilaine gauche.

La position de Maud Fontenoy sur les gaz de schistes est toute en nuances subtiles. Il ne s'agit pas d'exploiter les gaz de schistes mais de chercher à les extraire sans polluer les sols. Il ne s'agit pas de les utiliser sans ménagement mais de chercher des ressources permettant la transition énergétique vers les énergies éoliennes. "Aujourd'hui, il faut passer évidemment à l'éolien, au solaire, aux énergies marines auxquelles je crois beaucoup." Les gaz à effet de serre, le réchauffement climatique, toutes les scies déjà usées du charabia écolo sont reprises par la nouvelle coqueluche médiatique, opposée malgré cela à "l'écologiquement correct" si regrettable.

Contre les études scientifiques ou économiques qui montrent qu'à force d'attermoyer, l'Europe est à la traîne dans ce domaine, Maud Fontenoy rame avec peine. "Moi, je suis pas là pour vous dire : j'ai la solution miracle." On avait compris. Mais elle cherche courageusement à ouvrir le débat devant des journalistes de France Inter largement imbibés de "bonne pensée" écolo. La journaliste qui mène l'instruction lui demande pourquoi les énergies renouvelables pâtiraient du financement de la recherche dans le domaine gazier alors que les crédits manquent pour les énergies renouvelables.

Le dialogue, à partir de là, prend un tour tout à fait hors sol. On est dans l'Île aux Enfants.

Rappelons pour mémoire que le pays d'Europe qui a le plus d'éoliennes par habitant, le Danemark, est aussi celui qui produit le plus de CO2 par habitant, à cause du problème bien connu des fluctuations du vent et du relais compliqué que doivent opérer les centrales thermiques obligées de rester en veille.

Rappelons aussi que les énergies renouvelables sont déjà largement subventionnées. On peut même dire qu'en France, on jette déjà l'argent par les fenêtres, en particulier l'argent d'EDF. L'argent du ministère de l'écologie finance ou co-finance un nombre invraissemblable de services territoriaux, de directions, de centres, d'organismes, offices, écoles. Une galaxie qui laisse dans l'ombre tout ce que nos impôts finance par le biais de l'ONU, de l'UNESCO et autres organisations anti-nationales.

Je n'ai pas encore lu le livre attaché à ce non-événement. J'attends un exemplaire de presse. Mais vous avez compris que je ne le conseille qu'au lecteur dont l'esprit critique est déjà bien formé puisqu'il ne fait semblant de combattre le dogmatisme écologique que pour nous le faire admettre sous une autre forme, plus présentable.

Maud Fontenoy : le réchauffement pour les tièdes !
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Sceptique 15/02/2014 07:38

J'ai donc consulté Google à propos de Dominique Bourg. Je suis donc surpris par votre enthousiasme à son sujet. C'est un écologiste pur sucre. Sa différence, c'est qu'il s'est occupé du lavage des cerveaux de la droite de gouvernement. Avec un certain succès. NKM et Chantal Jouanno font partie de ses disciples.
J'ai coutume de dire que la Passion vient toujours en soustraction de la Raison. Quand l'angoisse pour la planète l'emporte sur l'humanisme, il n'est pas possible d'éviter d'arriver à un totalitarisme écologique. Sur la même première page de Google qui s'ouvre sur son nom, vous trouverez une analyse de nature&environnement , qui révèle sa part de "passion de l'ignorance".

Erasmus Tharnaby 15/02/2014 10:45

Je suis ironique concernant Bourg. J'ai juste constaté dans un billet précédent qu'il disait comme moi, mais à demi-mot.

Sceptique 14/02/2014 07:23

J'essaye de suivre tous vos articles, mais je suis embarrassé par votre obstination à considérer l'écologisme comme une doctrine "politique", que vous situez à l'extrême-droite....pour mieux vous en distinguer!
L'écologisme est une idéologie millénariste anti-humaine, et "darwinienne" (mais oui!), qui s'alarme, justement, de ce que la sur-adaptation de l'homme rompt le libre jeu de la sélection naturelle. La "politique" déduite de ces prémices n'a rien à voir avec la gestion de la cité, mais à celle de la "nature", qu'il faut mettre à l'abri de l'homme....sans qu'il s'en aperçoive trop vite, évidemment. D'où un certain nombre de caresses dans le sens du poil. Mais c'est sa "belle mort" qui est souhaitée.
L'entrisme est l'étape nécessaire pour compenser la faiblesse d'une capacité de séduction ne reposant que sur la peur d'une fin du monde anthropique. Si les écologistes disaient la Vérité qu'ils portent avec conviction, ils se feraient lyncher. Alors, pour le moment, ils s'emploient à neutraliser leurs ennemis, les scientifiques de toutes sortes qui sont au service de l'humanité, non seulement de sa survie, mais plus encore de sa victoire sur la nature brutale.

Sceptique 15/02/2014 16:33

La politique, spécifiée par les athéniens au sein de leur culture, rassemble les préoccupations d' hommes pour des hommes. Si vous voulez aller à Sète, vous prenez le train pour Sète, pas pour Caen. Et inversement. L'écologie dit prendre le train pour Sète, mais en douce, elle prend le train pour Caen (de concentration....merveille de l'inconscient!)
La différence avec les fausses promesses ordinaires, c'est qu'ils comptent bien aboutir à leur projet, un "autoritarisme écologique".

Erasmus Tharnaby 15/02/2014 10:49

Je ne souscris pas à votre raisonnement. Je le trouve même un peu curieux. Un mouvement qui prône son caractère politique, qui assoie une action patente sur le terrain par un discours théorique copieux (à défaut d'être solide), qui se manifeste en courants et qui jouit des faveurs des médias et des institutions en tous genres est évidemment politique !
Qu'un mouvement politique fasse de la publicité mensongère, c'est un peu redondant, non ?

Sceptique 15/02/2014 07:03

Pour moi, ce n'est que de la publicité mensongère. Vous me direz que c'est un trait général de la démocratie. C'est pourquoi je privilégie ce qui se laisse voir des intentions réelles. L'Écologie politique a un projet pour le terrain. Pas pour les hommes qui l'occupent. C'est pourquoi je ne qualifie pas leur projet de politique. Ils limitent ce concept aux moyens à employer pour atteindre un but qui ne le sera pas.

Erasmus Tharnaby 14/02/2014 23:35

Je ne peux vous donner tort.
Néanmoins, au sujet de la nature politique de l'écologie, il y a ce petit livre-programme intitulé "L'Ecologie est politique" (2 euros) édité par la Fondation de l'Ecologie Politique qui vient de sortir.
Il contient plusieurs articles copieux en devenir sur ce blog, à lui tout seul. Un jargon familier et toxique à la fois, plein de rêves utopiques, de déni de la République, d'incantations démocratiques et de bons sentiments. Un régal pour l'esprit affûté. Je vous le conseille.

Sceptique 14/02/2014 21:22

Il est exact que l'écologisme diffuse un discours culpabilisant les actes les plus courants de la vie, surtout les plus agréables, et instille une paranoïa en direction de toutes les activités au service de l'homme moderne 'cultures, industrie, commerces,, sciences et technologies. Elle conteste la jouissance en général, à commencer de ce qu'on possède. Elle tient sous son coude un pire qu'elle n'a pas la force d'appliquer, et aucune certitude d'être aidée à l'appliquer. Elle combat tous ceux qui sont susceptibles d'apporter des corrections aux erreurs humaines qui ont amplifié les conséquences de la série de tempêtes hivernales de cet hiver (les abstentions de curages de rivières, ils en ont une bonne part).
Je ferai connaissance avec Dominique Bourg, mais personne ne détient la vérité.