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Fukushima : la honte du journalisme

par Erasmus Tharnaby

Au Japon, c'est l'anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Pour les journalistes, c'est la fête, et plus encore pour les journalistes bien-pensants, les zélateurs de la bonne pensée écologiste, les bouffeurs de tofu bio. Au hasard, je pioche dans les actus. Cette fois, c'est Métronews. Le pigiste reconnaît bien qu'il y a eu 18000 morts à cause du tsunami mais ça ne l'empêche pas d'écrire : "Plus que le tsunami qui a balayé les préfectures de Miyagi, Iwate et Fukushima, c'est le nom de cette dernière que l'histoire retiendra avant tout, devenue pour beaucoup synonyme de désastre atomique."

Hélas, ce n'est pas faux. Mais les morts ont un défaut : ils sont définitivement morts. Une fois que c'est fait, on n'en parle plus, ou plus beaucoup. On cherche les fautifs mais c'est assomant puisque c'est la faute à pas de chance.

Tandis qu'une catastrophe nucléaire, ça, c'est... durable !

Ensuite, l'énumération des malheurs qui s'abattent sur les habitants de cette région ressemble fort à un nouveau réquisitoire anti-nucléaire. La part de ce qui relève du nucléaire par rapport aux dégâts de la marée n'est pas élucidée. La reconstruction tarde mais le journaliste ne dit pas dans quelles proportions cela vient de difficultés financières ou de problèmes de radioactivité.

Il ne s'agit pas de minimiser l'événement mais de faire simplement remarquer que le journalisme est avant tout un métier et qu'il s'agit de vendre du sensationnel, de préférence. Et du sensationnel consensuel. Fukushima entre tout à fait dans ce cadre et les amalgames, les approximations voire les silences permettent au pigiste de flatter son lectorat comme les scientifiques du climat flattent les pourvoyeurs de fonds. Les vrais responsables, la société de production d'électricité, la compagnie d'assurance, les scientifiques japonais ne sont même pas cités et leurs rôles ne sont pas évoqués. Le lecteur est supposé pousser tout ce fourbi sous le tapis étiqueté "Ecologie". C'est implicite et donc sans effort.

Fukushima, c'est la honte du journalisme...

Fukushima : la honte du journalisme
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gjou 11/03/2014 16:32

Je complète mon propos : les écolos se sont vraiment trompés d'ennemi dans ce combat anti-nucléaire. En 1985, Brice Lalonde écrivait dans FUTURIBLE : "Le choix fut purement bureaucratique, mené par les Etats-majors écologistes existant alors, et on a longtemps hésité entre la voiture et le nucléaire. C’est finalement le nucléaire qui fut retenu.Il fallait un paradigme associant finalement la notion d’amour des animaux à celle de conviction antinucléaire.Cette association d’idée, dans l’esprit du public, sera martelée jusqu’à ce qu’elle soit accepté de façon réflexe. Le but étant de faire que les pronucléaires n’osent même plus afficher cette conviction, de crainte d’être pris pour des ennemis de la nature. De même, devait être dénoncée toute nouvelle association qui n’accepterait pas de s’aligner sur l’antinucléarisme dominant". C'est ainsi qu'une énergie propre et bon marché a été et continue d'être diabolisée, contre toute logique économique et même environnementale puisqu'il faut remplacer l'énergie nucléaire par le charbon, bien plus polluant... Mais les médias, piégés par le paradigme, suivent dans cette direction comme le montre l'article ci-dessus.

Erasmus Tharnaby 12/03/2014 08:56

Tout à fait. Il devient aussi inavouable de prendre des médicaments pour se soigner, de conduire une voiture, surtout si elle est diesel, de travailler dans l'industrie, de construire une usine, etc.
Dans quel monde inversé et mortifère nous emmène l'écologie ?

gjou 11/03/2014 11:22

C'est frappant ce manque de rationalité quand il s'agit du nucléaire : toute technologie fait des morts, et le pire meurtrier de l'histoire est certainement à ce titre l'automobile : selon l'OMS les accidents de la route dans le monde tuent chaque année environ 1,3 million de personnes et font de 25 à 50 millions de blessés! Or, selon deux climatologues certes réchauffistes Pushker Kharecha et James Hansen, de l'institut Goddard d'études spatiales (GISS) de la NASA , malgré les trois accidents nucléaires majeurs enregistrés, l'énergie nucléaire a évité environ 1,84 million de décès dans le monde dans la période 1971-2009. On voit bien que les écolos nagent en pleine irrationalité !