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Le genre humain menacé par l'écologie

par Erasmus Tharnaby

Il est certain que j'ai manqué de réactivité, ces derniers temps, accablé par des travaux mercenaires. Mon attention a été attiré aujourd'hui par un article du mois dernier intitulé "Le genre humain menacé" écrit par notre prévisionniste en chef Michel Rocard et deux plumitifs célèbres de l'écologie bien-pensante : Dominique Bourg et Floran Augagneur.

Ce dernier vient d'ailleurs de sortir un livre intitulé Révolutions invisibles dont on parlera plus tard.

Une fois de plus, comme il faut bien vendre du papier, c'est le genre humain tout entier qui est menacé. L'écologie, par la voix de ses grands prêtres, nous prévoit une fois de plus l'apocalypse pour demain matin. Jusque là, rien de bien intéressant.

Ce qui attire l'oeil cette fois, c'est la présence d'un politique réputé pour sa clairvoyance. Cette dernière qualité est essentiellement affaire d'image, pourtant. Rocard n'a jamais brillé par son flair politique mais plutôt pour son idéalisme difficilement compatible avec l'exercice du pouvoir. Et ici, de l'idéalisme, il y en a à la pelle...

Les arguments des auteurs en faveur d'un Armaggeddon nouvel âge ont la particularité d'être plus politiques et idéologiques. On n'y trouve que du pessimisme, des limites et un déni du réel tout à fait invraisemblables.

Le pessimisme d'abord. S'il est une doctrine, une para-religion qui ne promet à ses adeptes que la fin du monde, à part le protestantisme le plus réactionnaire et le plus sombre, c'est bien l'écologie dont, historiquement, le pessimisme est un des traits de caractère. Issue de la théorie systémique, elle-même fille du néo-positivisme viennois, l'écologie moderne est constituée d'un ensemble d'idées intrinsèquement pessimistes. Ne voyant qu'à l'Humanité une fin tragique et coupable, l'écologie prône l'abstinence et la privation comme elle la prédit. "Vous n'y couperez pas !" nous dit-elle à longueur d'antenne ou dans les journaux.

Ainsi, le célèbre "pic pétrolier", qui est derrière nous, n'est pas vu comme une bonne chose mais comme une calamité. Puisque nous sommes évidemment incapables d'imaginer des solutions alternatives viables, puisque le progrès technologique ne peut être positif et que nous n'aurons pas le temps de trouver des solutions de rechange, la pénurie de pétrole nous guette une fois de plus. Les publics jeunes, qui n'ont pas connu les jérémiades qui accompagnaient le choc pétrolier, n'ont pas le recul nécessaire pour se rendre compte de la forfaiture. Car alors qu'on nous promettait la fin du pétrole pour l'an 2000, nous n'en sommes qu'au milieu de la courbe. Autant dire qu'une transition sera possible à condition de ne pas céder à la panique, de ne pas créer artificiellement les conditions psychologiques de hausses brutales et sans rapport avec le réel. Et la panique, c'est exactement à quoi incite ce genre de sous-littérature scientifique.

Il paraît que c'est la crise économique qui empêche le retour à la croissance. Sur la même page des news, on lit que 277 banquiers français, certains des amis de M. Rocard peut-être, gagnent plus d'un million par an. En Europe, ils seraient des milliers. Si on ajoute à cela les ponctions indues que les actionnaires font sur les bénéfices des entreprises et qui empêchent l'investissement productif, on se dit que M. Rocard et ses amis écolos feraient bien de réviser leurs poncifs sur la crise au lieu de seriner les fausses évidences distillées par leurs amis dans les médias.

Evidemment, tout ceux qui ne hochent pas la tête sont accusés de militer pour l'aveuglement généralisé. Il suffit de demander un peu de rigueur scientifique pour passer pour un climato-traître. Les points d'appui de ce système écolo-totalitaire sont bien connus : la planète n'est plus un lieu d'épanouissement mais une sorte de prison dont notre mission serait de dégager la surface. La démocratie n'est plus une force ni une qualité : seule sa disparition, si tant est qu'elle soit jamais apparu, est brandie comme une menace : "Parce que nos démocraties n'auront pas été capables de se prémunir de leurs propres excès, elles risquent de basculer dans l'état d'exception et de céder aux dérives totalitaristes.".

La pire des limites, c'est évidemment l'homme lui-même : il est par nature incapable de changer, de progresser, d'améliorer sa vision de la situation et de fournir des solutions aux problèmes nouveaux qui se posent. La preuve ? les échecs des conférences écolo de l'ONU !

Donner les conférences de Copenhague comme preuve de l'incapacité des humains à s'amender, c'est donner à l'ONU une neutralité dont elle est incapable. Elle finance presque en totalité la production de données scientifiques pour permettre de justifier le GIEC, ses oeuvres et ses pompes. Comment peut-on lui demander un diagnostic fondé si elle est elle-même l'auteur de cette fiction intitulée "réchauffement planétaire" ? Pas étonnant, dans ces conditions que le hiatus entre la réalité scientifique construite et le contenu supposé des médias soit aussi important. Cette différence entre le discours scientifique et le discours journalistique n'a aucune valeur de preuve tant que la valeur scientifique de cette gigantesque production non-vérifiée n'a pas été établie.

C'est pourquoi la "crise écologique" est d'abord une création littéraire. Il faut commencer par répondre (enfin) aux Cassandres assourdissantes auxquelles les médias donnent si souvent la parole.

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