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Migrants : porte-drapeaux malgré eux

par Erasmus Tharnaby

Migrants : porte-drapeaux malgré eux

La crise des migrants met en relief une composante désormais essentielle de la société mondialisée : le rejet des êtres humains. Nos dirigeants veulent bien gouverner des êtres humains, à condition qu'ils ne soient pas trop nombreux ni trop remuants, en un mot : trop REELS.

En Europe, la montée du fascisme est mise en lumière par le portrait fort peu flatteur que Victor Orban montre à la communauté internationale. Mais après tout, il n'est pas vraiment le seul ! Le Danemark vote des lois anti-immigration pendant qu'en France, le maire de Roanne veut trier les immigrés selon un critère religieux.

Au quotidien, nous constatons chaque jour aussi les progrès des automates. Plus personne aux péages, plus personnes (ou presque) au guichet de cinéma, plus personne même (ou presque) au guichet du musée, plus personne pour le secrétariat, pour imprimer des photos, pour enseigner le permis de conduire, pour régler quelques achats au supermarché, pour imprimer une facture d'électricité sur une feuille de papier... Plus personne même pour dresser une contravention pour excès de vitesse ! Tous ces gens, maintenant au chômage, n'achèteront plus ni voiture, ni places de cinéma, ni sandwich au supermarché, ni photos de vacances puisqu'ils n'auront plus les moyens de partir ! Tous ces salaires qui ne sont plus versés ne vont pas dans l'investissement et le développement. Ils vont dans la poche des actionnaires, des banquiers.

Pendant ce temps, l'écologie nous invite à ne plus utiliser nos voitures (ça tombe bien !), à ne plus consommer, à ne plus manger ceci ou cela... Toutes ces chicaneries sont destinées à nous faire sentir que la Terre se porterait mieux si elle était soulagée de notre présence à sa surface. L'écologie malthusienne, l'écologie des multinationales, c'est à dire l'écologie tout court, reste, par cet aspect, le versant idéologique et religieux d'une stratégie générale de l'exclusion mise en oeuvre par un patronat parfaitement cynique. A Boboland, c'est à dire maintenant un peu partout, ce que devrait être le monde a pris le dessus sur ce qu'il est réellement. Les migrants comme les chômeurs ou les gens qui vont au travail en voiture ne sont pas les bienvenus : ils sont tous trop REELS. Ils ne remplissent pas les critères d'admission dans la société idéale où tout le monde serait à vélo pour aller cultiver de l'épeautre bio dans une prairie peuplée de lapins roses.

Au lieu de cela, l'écologie justifie l'inhumain, le non-humain, par des arguments fallacieux s'appuyant par exemple sur les générations futures. Elle prépare le terrain des pénuries et assure le consentement résigné de la classe ouvrière, sacrifiée une fois de plus sur l'autel des gains de productivité. Les migrants dont l'Europe ne veut pas, dans le fond, sont malgré eux les emblèmes d'une idéologie ultra-conservatrice prônant la pureté et l'exclusion, une écologie ethnique représentée en France par le Front national.

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