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Philippe Verdier victime de l'effet de serf

par Erasmus Tharnaby

Philippe Verdier victime de l'effet de serf

Pour reprendre le mot de Muray sur les esclaves plumitifs du monde festivo-médiatique parisien, uniformément approbatif, on peut dire que Philippe Verdier est une nouvelle victime de l'effet de serf.

Philippe Verdier, chef du service météo à France 2, a été mis à pied par sa hiérarchie le 14 octobre dernier pour avoir écrit et fait la promotion d'un livre consacré aux errements du GIEC. C'est le Collectif des climato-réalistes, sur le site Skyfall, qui nous alerte. Grâce leur en soit rendue. J'espère que France Télévision aura à expliquer devant la justice en quoi publier un livre critique sur le GIEC constitue une atteinte sérieuse au bon fonctionnement du service public de télévision.

La dureté de cette sanction, quand on pense au motif invoqué, laisse songeur quant au manque de retenue et de sang-froid des pouvoirs publics. Tandis qu'il ne se passe pas un JT de 20h sans une explication détaillée sur les causes humaines du soi-disant réchauffement planétaire, tandis que le citoyen moyen est chaque jour la cible d'une déferlante de messages malthusiens sur la nocivité de sa propre présence sur Terre, Monsieur France Télévision, conscient de son rôle éminemment "citoyen" d'information des masses, se doit de censurer tout ce qui contredirait cette vague de communication philanthropique.

Ainsi, dans Le Monde, sorte de Pravda européenne, un plumitif du nom de Gary Dagorn entreprend de nous démontrer que Philippe Verdier s'est fourré le doigt dans l'oeil. Que l'on se rassure, l'ordre règne autour du GIEC et Philippe Verdier sera sanctionné à la hauteur de son péché. Critiquer le fonctionnement du GIEC est une affaire d'Etat ! Hélas, les remontrances de ce malheureux journalistes du Monde ne trompent personne : basées sur des petites phrases elles répondent chaque fois à côté de la plaque. Exemples.

Gary nous dit : "Même s’il réfute le qualificatif de « climatosceptique », le présentateur météo a avancé plusieurs arguments mensongers pour battre en brèche l’idée d’un consensus scientifique sur le sujet." Pour le triste journaleux, critiquer la forme scientifique adoptée par le GIEC pour décrire le réchauffement planétaire d'origine humaine, c'est donc être "climato-sceptique". Il n'y a qu'une vérité et c'est celle du GIEC.

Je passe sur le dégommage à partir de petites phrases : Le Monde est devenu une sorte de spécialiste du genre. On sort la phrase du contexte ou on omet de tout dire. Ainsi, Gary ne nous dit pas ce que Philippe Verdier considère comme ayant été "sciemment gommé"... Pas fou...

Là où le journaleux essaie vraiment de nous prendre pour des cons, c'est sur la rémunération des scientifiques. J'aurai l'occasion de montrer comment, directement ou indirectement, l'ONU intervient dans la plupart des programmes scientifiques destinés à démontrer coûte que coûte le réchauffement planétaire. Les crédits n'ayant aucune pérennité, les programmes de recherche doivent aller dans le sens voulu par le financeur. C'est ainsi que fonctionne la recherche aux Etats-Unis ou en Angleterre et c'est ainsi que le GIEC fonctionne, que les participants soient payés directement ou pas. Il faut passer sous les fourches caudines des financeurs.

Imaginez ainsi un scientifique honnête qui entreprendrait de créer un labo dont le travail serait de critiquer scientifiquement les données de mesure climatique du GIEC. Il n'aurait aucune chance de trouver des crédits et donc aucune chance de pérenniser son activité et de lui donner l'ampleur nécessaire à ce travail critique, qui reste pourtant indispensable dans d'autres domaines de la science. On se souvient du déluge d'examens critiques qui avait suivi les mesures confirmant la réalité de la mécanique relativiste, confirmation proposée par Albert Einstein lui-même.

L'Express met aussi son grain de sel et traite le présentateur de complotiste. Jean-Marc Morandini croit aussi savoir que l'Elysée serait intervenu. Rue89 a donné la parole à Philippe Verdier pour défendre son livre contre les habituelles fascistologes, sorte de rituel, de bizutage adressé aux personnes soucieuses de pluralisme. Mais le titre de l'article fait dire au présentateur le contraire de ce qu'il dit. Valeurs actuelles aussi dégomme sans surprise l'infortuné présentateur (il paraît que l'écologie, c'est de gauche...). Tous les petits esclaves plumitifs du monde médiatique parisien s'y sont mis et Philippe Verdier est victime de l'effet de serf.

C'est pourquoi, en France en 2015, il faut absolument signer la pétition contre la mise à pied de Philippe Verdier. Signer cette pétition, c'est s'opposer à cette opération de basse police et à la façon abjecte dont le pouvoir politique entend museler les voix libres dans ce pays.

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Mathilde 19/10/2015 11:57

Bonjour! Merci pour votre article. Après avoir vu le petit journal jeudi, j'ai lu ce qu'il y avait sur internet à propos du livre de Philippe Verdier et il manquait effectivement un article comme le vôtre pour critiquer le ton uniforme des autres.

Je n'avais jamais vu Yann Barthès si véhément et si peu à contre-pied des autres médias. J'étais triste de voir Philippe Verdier se faire agresser alors qu'il fait comme le petit journal : il montre les coulisses.
Du coup j'ai commencé son livre ce weekend et j'adore sa métaphore de l'immeuble en comparaison de tous les pays sur la planète. Si on voyait de plus près l'impact de nos choix sur les opportunités des pays en voie de développement, on en ferait certainement d'autres. Or Mr Verdier était aux Nations Unies, qui est une organisme politique en premier lieu et je comprends sa déception scientifique. Mais il n'a rien d'un climatosceptique.

Maintenant trouvons une solution :) Certainement pas l'efficacité carbone en finance car pour l'instant ce programmes n'en ont rien à foutre de l'efficacité moindre des pays en voie de développement. Je cherche encore...

Bonne journée!

Erasmus Tharnaby 20/10/2015 10:58

Merci beaucoup, chère Mathilde, pour ce commentaire encourageant.
Nous sommes effectivement fort peu à nous dresser contre la pensée unique.
Il y a certainement quelque chose à faire mais la chose est trop sérieuse pour la confier aux écologistes, et trop vitale pour la confier à des financiers.
Il faut certainement faire du bruit autour de cet événement car il dénote le manque de confiance et la nervosité des dirigeants au sujet de l'opinion publique.
Ici, sur ce blog, je ne subis pour l'instant aucune pression, aucune censure et tant mieux !
Mais il faut diffuser largement sur ce type dévénement pour au moins susciter la contradiction.
Merci encore.
Bonne journée !