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Rapport de l'IDIES : encore une IDIESsie !

par Erasmus Tharnaby

Rapport de l'IDIES : encore une IDIESsie !

Le propre du capitalisme est de n'être jamais rassasié. C'est une caractéristique qu'il partage avec chacune de ses créations : la bourse, le marché de l'art, le marketing n'ont aucune limite quant à leur capacité de nuisance sur l'humanité.

On le sait moins mais l'écologie, en tant que création idéologique, hérite de ce lourd patrimoine par sa filiation directe avec le capitalisme le plus cynique. Le Club de Rome, fondé avec l'argent d'une multinationale de l'automobile, comme le WWF, fondé par des industriels du tabac et du diamant, partagent avec les programmes écolos de l'ONU le bénéfice d'être pilotés par des capitalistes.

Et tous ces gens ont en commun leur crainte de l'émancipation des peuples par le développement. En clair, écologistes et industriels sont tous malthusiens.

La Fondation pour l'Ecologie politique, think tank et lobby écolo, vient de sortir un rapport qui renouvelle, à nouveaux frais, les thèses fascisantes du rapport Meadows de 1972 intitulé "Halte à la croissance !" : pour résumer, les ressources de la planète sont limitées, la catastrophe est imminente et il faut que l'humanité cesse de se développer.

Tandis que les rédacteurs du rapport se félicitent de l'impact pitoyablement délétère des thèses mortifères de ce torchon, largement diffusées dans les médias grâce aux relais des puissants de ce monde, chaque minute qui passe nous montre à quel point les visions lamentables de ce triste pensum sont erronées.

Pas lassés de cet échec et désireux de réécrire l'histoire, les rédacteurs de ce nouveau rapport intitulé L'enjeu des nouveaux indicateurs de richesse veulent nous faire croire que les conclusions du rapport Meadows "sont toujours frappantes d'actualité". Pendant ce temps, les écolos n'ont pas chômé : avec l'argent des programmes écolos de l'ONU, des chercheurs ont "mis en exergue certaines limites planétaires qui ne doivent pas être dépassées si l’humanité veut pouvoir se développer dans un écosystème sûr. Or, selon ces mêmes auteurs, l’humanité a déjà dépassé les seuils critiques dans plusieurs domaines, à commencer par le réchauffement climatique et la perte de biodiversité (Steffen et al., 2015). "

C'est pourquoi il faut de nouveaux indicateurs de richesse. Evidemment !

Récupérant à leur compte les critiques émises par les vrais économistes de gauche sur le PIB, indicateur historique des capitalistes pour les capitalistes, les écologistes se conduisent à nouveau en fossoyeurs de la Gauche française : des indicateurs pour mesurer l'impact du développement économique sur les vrais gens ? c'est ringard ! Florence Jany-Catrice, une sociologue écolo, n'a pas peur des oxymores : "Il va de soi que ce n’est pas en gardant le cap d’un projet de société de la croissance, qu’on prendra le cap du changement climatique qui nécessite de décarboner les économies et de réduire drastiquement les inégalités." Pour cette malheureuse à courte-vue, "décarboner l'économie" rime avec "réduire les inégalités". Si elle sortait le nez de ses statistiques, cette lobbyiste écolo se rendrait compte à quel point l'écologie empoisonne la vie quotidienne des vrais gens, de ceux qui attendent que les inégalités salariales, sociales, symboliques et spatiales se réduisent vraiment.

Si les nouveaux indicateurs de richesse ne sont qu'un outil supplémentaire pour culpabiliser la population, il y a hélas peu de chances que nous leur échappions.

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