Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

COP21 : un Yalta sur les ruines de la science

par Erasmus Tharnaby

COP21 : un Yalta sur les ruines de la science

La République des chercheurs est morte et bien morte avec cette COP21 au pays de Jean Jaurès. Le partage des savoirs a laissé place à la privatisation de la connaissance. Le financement des recherches répond à des objectifs d'hégémonie politique inédits en ampleur et en intensité. Par un réseau tentaculaire et inextricable de financeurs, l'ONU tire les ficelles et oriente la production d'études vers les domaines où elle peut poursuivre ses campagnes alarmistes, sans s'attaquer le moins du monde aux racines du mal qu'elle est censée juguler.

La monétisation du vivant par des conglomérats financiers voraces continue de plus belle pendant que les chefs d'états regardent ailleurs un ennemi qui n'existe pas. Le modèle anglo-saxon pour la recherche scientifique devient la norme : la science, désormais privée de conscience, s'oriente au gré du lobbying et du mieux-disant financier sans égard pour les besoins réels de l'Humanité. On voit les ravages que ce modèle a produit dans le domaine alimentaire (sucre, junk food, etc.). Des falsifications analogues sur le climat, comme celles du Climategate anglais, sont inévitables et déjà en action.

C'est sur ces ruines que Nord et Sud sont aujourd'hui en train de négocier un nouveau partage du monde. Dès le début de la COP21, hier, les lignes de fracture entre les deux parties sont immédiatement apparues, chacun essayant de prendre le monde à témoin à la fois de sa bonne volonté et de l'absolue sincérité de sa démarche.

Autour de cette arène médiatique très courue, les ONG y vont de leurs perspectives fantaisistes et divertissantes pour amuser les journalistes: les uns prévoient encore plus de catastrophes naturelles (alors que les catastrophes naturelles n'augmentent pas depuis dix ans selon le rapport de la compagnie d'assurance AON Benfield rapporté par le site Pensée unique) tandis que les autres spéculent sur l'ampleur des dotations financières. Quand au seuil des 2°C, il n'a aucune valeur scientifique.

Les états du nord avaient promis aux états du sud 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 contre la promesse de rendre leur développement moins polluant. Cette galette énorme, offerte pour solde de tous comptes post-coloniaux, conserve de façon problématique les qualités du gaz neutre financier. Rien ne permet de penser, aujourd'hui, que cet argent servira à autre chose qu'à garnir les poches des dictateurs du monde entier ou à financer le terrorisme international.

Mais surtout, cette négociation a lieu de part et d'autre d'une ligne de fracture historique : en développement important au cours du 20e siècle, les pays riches apparaissent comme les principaux responsables de la pollution planétaire aux yeux des pays pauvres. Le besoin d'un "accord universel, différencié et contraignant" (F. Hollande) n'a pas besoin d'être scientifiquement établi pour constituer un rideau de fer symbolique et idéologique le long duquel se propageront durablement les avatars de la haine de l'occident.

Commenter cet article