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Le cadeau de Noël idéal : Philippe Verdier, Climat investigation

par Erasmus Tharnaby

Le cadeau de Noël idéal : Philippe Verdier, Climat investigation

C'est LE MUST de Noël.

Si vous n'avez pas encore craqué pour le truc bobo inutile, comme la perceuse bio-équitable ou le Jeu de l'Oie inspiré des aventures de Nicolas Hulot, vous devez offrir ce livre.

Pour plein de raisons.

D'abord parce qu'il n'est pas, contrairement à ce que les médias présidentiels et bien-pensants le prétendent, un brûlot anti-écolo. Philippe Verdier n'est pas le rebelle klimatoskeptique décrit à longueur de pages dans Le Monde, Les Indécrottibles ou Libération. Ce n'est pourtant pas une qualité, mais ce brave journaliste ne trouve pas que des inconvénients à la pensée de Arne Naess. C'est un grave défaut mais le contenu du livre le compense largement.

En effet, l'enquête menée par cet esprit libre et critique pointe des dysfonctionnements invraissemblables. En filant une métaphore bien construite, il assimile la COP21 à une assemblée de co-propriétaires. Tout y passe : la mauvaise foi du syndic, le coût prohibitif de travaux dont on sait que personne n'a les moyens de les mener, la dégradation indéniable de l'immeuble et l'incurie des experts.

On se sent aucune joie dogmatique (contrairement à certains olibrius de mon espèce) à relever ces errements, aucune satisfaction à observer ces gens de pouvoir s'entredéchirer pendant que les gens attendent qu'il se passe enfin quelque chose, aucun réconfort à voir l'idéal écologiste et la démocratie piétinés.

C'est son affaire. Sa naïveté au sujet du dogme écolo laisse parfois pantois. Philippe Verdier part du principe que l'idée même de préservation de la planète est bonne en soi. Soit. Mais je trouve surtout le procès qui lui est fait extrêmement représentatif de la nervosité et de la brutalité du pouvoir. L'écologie est devenu une sorte de planche de salut pour tellement de gens persuadés d'inutilité politique ou religieuse que la sensibilité est extrême. Comme le remarquait Peter Sloterdijk, il n'y a plus aujourd'hui de réceptacle pour la colère. L'écologie est devenu ce modeste récipient mais face à la haine de l'Occident, il y a fort à partier que cet enthousiasme commandé ne suffise pas.

C'est pourquoi il faut lire absolument et surtout FAIRE LIRE ce livre qui amène un peu d'esprit critique face à une doctrine imbécile et brutale qui ne connaît, pour s'appliquer, que la police et l'impôt.

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