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Avis de traquenard sur les tramways parisiens

par Erasmus Tharnaby

Avis de traquenard sur les tramways parisiens

La méthode est désormais rodée. Le client de la RATP qui n'a pas validé son Pass Navigo en entrant dans la rame de tramway se voit immédiatement encerclé par trois personnes munies soudain d'un brassard orange fluo à la bannière de la régie autonome. La victime est aussitôt sommée de payer 5 euros. Si le quidam n'obtempère pas, on relève son numéro de carte et c'est 33 euros.

La scène se répète inlassablement sur l'ensemble des tramways parisiens depuis plusieurs jours et les réactions des malheureux oublieux sont variées, tantôt soumises, tantôt agressives. Il est, en effet, difficile à comprendre que ce coup de bâton s'applique à des personnes qui ont déjà payé 70 euros mensuels. Un simple rappel à l'ordre aurait pu suffire.

Les nouveaux flics du STIF justifient ces traquenards bien peu urbains par la nécessité que les voyageurs valident leur Pass Navigo pour justifier le financement du fonctionnement de la ligne. Un simple comptage suffirait. Et que justifie l'amende qui pénalise l'ouvrier fatigué, la mère de famille avec poussette ou la personne qui rentre des courses, sans qu'il y ait eu le moindre rappel à l'ordre ? Il y a deux ans, à Métronews, la régie avait expliqué : "Avec ces données essentielles, nous pouvons travailler, avec le STIF, à mettre en place la meilleure offre de service possible". Pourtant, ce comptage automatique apparaît surtout comme un prétexte. Au lieu de payer une milice, il suffirait de compter les gens !

Pour éviter de subir les effets de cette méthode très vieille France, il faudrait utiliser les services d'une chaîne de SMS, une sorte de météo des trams qui permettrait de savoir où fleurissent les cerbères à pupuces. Un message rappellerait aux oublieux que l'oeil noir de la RATP les regarde et qu'il faut bipper pour éviter de se faire toper. Qu'un appel à contribution soit ici lancé...

D'autre part, ces agents ne sont pas assermentés : une validation in extremis doit pouvoir suffire. Il faut juste pouvoir accéder a un bip et pour cela, les passagers devraient se montrer solidaires face à ces coups montés. Enfin, ces PV d'un nouveau genre ne constituent probablement pas une forteresse imprenable en termes juridiques. L'avenir le dira : on peut imaginer qu'un jour, un juriste pointilleux trouvera la faille de ces lamentables PV à bras raccourci.

Une chose est sûre : aucun ministre, fût-il récalcitrant quant au paiement de ses amendes, aucun "fils de" ne risque de souffrir de ce genre de petit tracas. Et si maman a déjà pris la voiture avec chauffeur pour aller faire les soldes, il reste les bollorettes !

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