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Lettre ouverte à Thierry Beaudet, président du groupe MGEN

par Erasmus Tharnaby

Lettre ouverte à Thierry Beaudet, président du groupe MGEN

Monsieur le Président,

dans le dernier numéro de Valeurs Mutualistes, la revue de votre groupe, je trouve un dossier intitulé "Réchauffement climatique : notre santé sous influence". Pas moins de sept pages ont l'ambition de faire le tour de cette question très à la mode.

En sept page, les rédacteurs de ce dossier amalgament à peu près tout et n'importe quoi pour donner un semblant de matière à un sujet qui n'en est pas un.

D'abord, on ne sait pas bien s'il s'agit de parler du prétendu réchauffement climatique ou des seules questions de santé. L'encadré en bas de la page 8 n'a rien à voir avec les questions de santé mais cherche, comme toujours, à mettre en avant des éléments de propagande climatique sur le thème : "Votre Etat reste inactif en matière d'adaptation et de lutte contre le changement climatique ? Saisissez les tribunaux !"

En haut de la page 9, on trouve une description détaillée du 3e Plan Santé-Environnement, qui traite pêle-mêle des perturbateurs endocriniens, des nanoparticules, des ondes électromagnétiques ou de l'usage des pesticides. Aucune mention du climat. Que vient donc faire ce PNSE3 dans le dossier ?

Dans la rubrique Regards croisés, p. 11, où l'on ne risque de trouver aucun élément qui contredise le fond du dossier, on peut lire une citation de Georges Charpak : "...sommes-nous sûrs que nos usines et centrales peuvent résister à des événements climatiques extrêmes ?" Il se trouve que l'incidence des hypothétiques changements climatiques sur le nombre d'événements climatiques extrêmes est fortement contestée par de nombreux scientifiques et même certaines sociétés d'assurance. Le lien entre changement climatique et risque nucléaire a été rêvé par les milieux écologistes mais ne contient aucune réalité scientifique. Issue de l'écologie spectacle, cette information frelatée, fût-elle apparue sous la plume d'un grand scientifique, n'apporte aucun caractère sérieux à votre dossier.

Sur la même page, un certain Jean-François Guégan, directeur de l'IRD, un organisme financé par l'ONU, nous invective : "Nous devons nous interroger en quoi [sic] la santé publique et le bien-être peuvent agir comme un levier sur le climat." En écoutant ça, on ne sait plus bien, comme Valère, s'il faut "manger pour vivre ou vivre pour manger" ! Il est heureux d'apprendre que nos sacrifices peuvent aider à protéger le climat, mais instrumentaliser nos comportement pour donner une sorte de réalité allégorique au concept de climat, il fallait oser. Le titre "Dérives verbales" aurait plutôt convenu à cette page hétéroclite et inquiétante sur la santé morale de nos scientifiques.

Je garde le meilleur pour la fin : les deux dernières pages illustrent à merveille le délire idéologique dans lequel sont plongés les rédacteurs de ce dossier. On y apprend que "60% des adhérents MGEN pensent que la pollution des eaux, de l'air et des sols a un impact sur la santé." La pollution se définissant précisément comme une perturbation de la santé humaine, on peut se demander pourquoi ce chiffre n'atteint pas 100%. On peut aussi s'interroger sur le sens logique des rédacteurs de cette statistique et des plumitifs de la MGEN. On y trouve aussi des informations qui n'en sont pas : "76% des adhérents MGEN se sentent plus confrontés à la pollution en ville". Et quelle était la couleur du cheval blanc d'Henri IV ?

Plusieurs passages du dossier cherchent à nous faire croire que, sous l'effet du réchauffement climatique, nous allons nous trouver envahis par des moustiques porteurs de maladies infectieuses. Pourtant, page 10, on peut lire "Le réchauffement climatique est suspecté de favoriser son implantation. Mais l'insecte profiterait surtout des modes de locomotion humains pour parcourir de grandes distances." Alors que vient faire cette mention du moustique dans un article sur le réchauffement climatique ? Non seulement le dossier amalgame n'importe quoi mais aussi certaines contradictions.

Quant aux 250000 décès dus au changement climatique, on y trouve en vrac, si l'on peut dire, les victimes de catastrophes naturelles, dont la fréquence n'a absolument pas augmenté depuis dix ans, contrairement à ce que veulent nous faire croire les journalistes et autres vendeurs de supports publicitaires.

C'est pourtant ce qu'on lit dans l'article principal de ce dossier si bien construit : au sujet de l'élévation de la température du globe, "la multiplication des canicules, ouragans, sécheresses et inondations en constitue les effets immédiats." Tout cela est hélas totalement faux. Si l'on passe sur le fait que des chercheurs du GIEC même contredisent cette incidence, on constate qu'en France, les canicules ne se multiplient pas, au contraire.

En France toujours, les conséquences d'un réchauffement des températures sont loin d'être toutes négatives comme le montre Philippe Verdier dans son livre Climat Investigation. Jean-François Guégan se fait le porte-parole des prédictions alarmistes et intéressées de l'ONU parce qu'il est financé indirectement par le Programme des Nations Unies pour le Développement mais nous ne sommes pas obligés de le croire indépendant. L'étude SEPAGES va permettre d'étudier l'effet des canicules et de la pollution sur le déroulement de 700 grossesses mais ne permet pas de faire de lien tangible entre climat et santé publique. Enumérer un millier d'études sur les influences de la pollution ne permettra jamais de donner une quelconque réalité scientifique à ce fantasme écologiste.

Pour résumer, il est parfaitement indigne qu'un grand organisme d'assurance mutualiste fasse sienne, sans le moindre esprit critique, une cause idéologique scientifiquement aussi controversée, sur le fond comme sur la forme. De grands scientifiques se sont élevés contre les abus, raccourcis et amalgames prodigués vers les médias par le GIEC et les autres organismes affidés à l'ONU. Dans ce dossier hétéroclite et mal ficelé, on trouve souvent le nom de l'Institut de Recherche sur le Développement qui n'est pas un laboratoire de recherche scientifique mais un organisme de lobbying international financé par l'ONU. A ce titre, il n'a aucune légitimité scientifique directe. Par contre, l'impression générale demeure que la revue de la MGEN Valeurs Mutualistes a été sciemment manipulée pour contribuer à diffuser la propagande onusienne. Il est impératif qu'à l'avenir, la rédaction soit un peu plus rigoureuse sur le choix des sujets et sur la rigueur avec laquelle ils sont traités.

Sentiments mutualistes,

Erasmus Tharnaby

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