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Après les violences policières, le 49.3 : pourquoi se gêner ?

par Erasmus Tharnaby

Après les violences policières, le 49.3 : pourquoi se gêner ?

Une avalanche de bons sentiments. C'est ce qui tombait du pupitre de l'Assemblée nationale où Manuel Valls prononçait son discours hier après-midi. Justifiant l'emploi de l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer la loi la plus impopulaire du quinquennat, le premier ministre évoquait l'emploi, la modernité, le destin de la France, etc.

Aux protestations de députés qui avaient milité pour la candidature de François Hollande en 2012 et qui s'étonnaient (pour le moins) que l'inversion de la hiérarchie des normes, qui figurait au programme d'un certain Nicolas Sarkozy, soit aujourd'hui prônée par le candidat élu avec les voix de la gauche, le PS répond par des ricanements.

Pourquoi se gêner ? En particulier devant des députés écologistes, et ceux du Front de Gauche, largement minoritaires. Les écologistes et, plus largement, l'écologie ont longtemps servi de caution de gentillesse à un parti hégémonique. Le ronronnement durable a depuis longtemps pris la place des idées dans toute la gauche française, bien trop prompte à mordre l'appât politique de l'écologie moderne, celle d'Arne Naess et du Prince Bernhart.

Ce gouvernement ne connaît-il que la brutalité ? C'est tout à fait normal quand on place au coeur de son programme l'écologie et son cortège répressif : impôts, surveillance, délation deviennent les exacts synonymes de la Très Sainte "citoyenneté". Notre Mère Nature, lointaine, ombrageuse, et tellement malade, a pris le pas sur la République. La discrimination si imprécise entre le naturel et l'artificiel est devenu le nouveau code moral. Exit les droits et les devoirs, le destin commun, l'intégration : c'est pas moderne !

A la place, la nouvelle droite, celle qui se dit à gauche et qui réalise le programme électoral de Sarkozy, préfère taper sur les manifestants et passer les lois sans débat : trop habituée à se draper dans la gentillesse, elle ne se rend même plus compte aujourd'hui que le roi est nu.

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