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Etat d'urgence, conflits sociaux et chômage de masse

par Erasmus Tharnaby

Etat d'urgence, conflits sociaux et chômage de masse

Il faudrait être aveugle pour ne voir aucun lien entre ces trois conditions de notre quotidien en France : l'état d'urgence, les conflits sociaux à répétition dans tous les secteurs de l'économie et le chômage de masse.

Officiellement, l'état d'urgence est destiné à assurer la sécurité des citoyens pendant l'Euro2016. N'imaginez pas qu'il est maintenu parce que le gouvernement ne sait plus vraiment quoi inventer pour éviter l'embrasement d'une jeunesse qu'il a contribué systématiquement à provoquer. Ainsi, hier, l'Assemblée nationale a voté pour la troisième fois la prolongation de cette situation d'exception alors qu'elle n'apporte plus rien, en terme d'efficacité, à la lutte contre le terrorisme, déjà depuis plus de trois mois, comme l'explique clairement un article des Echos, graphes à l'appui.

La loi Travail et son principe de l'inversion de la hiérarchie des normes vont causer d'énormes dommages inutiles dans la situation sociale du pays, en particulier pour les salariés en fin de carrière et les jeunes. Cette loi rédigée par le MEDEF arrive en même temps qu'une révolution tout aussi contraignante pour les entreprises : la pulvérisation des marchés réputés stables ou captifs autrefois. Les plateformes sur Internet se multiplient pour obtenir mille et un service sans que l'Etat, pour l'instant, y trouve son compte.

Symbole et vecteur d'activités qui échappent au fisc, la toile ne permet pourtant pas de modifier efficacement et durablement le rapport de force entre les salariés et les banquiers. Certes, cet outil de communication améliore l'organisation des mouvements sociaux et l'information des gens mais la prolifération des contenus et la mainmise des groupes de presse rendent parfois le message confus et discutable.

Mais surtout, Internet ne peut rien contre le chômage de masse. On l'a vue ces dernières semaines, c'est la baisse de l'euro et celle du prix du pétrole qui seules peuvent infléchir la courbe. Le tour de vis social auquel se livre le gouvernement contrebalance les effets de cette bouffée d'oxygène. Les salariés et l'activité restent sous le boisseau.

Pour revenir à l'écologie, on ne le dira jamais assez : l'idéologie des Verts n'a qu'un rôle de diversion dans cette mécanique sociale destinée à rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Il s'agit de rendre secondaires les préoccupations liées au chômage et à la précarité en bombardant les médias de débats qui n'en sont pas. Ainsi, la question de l'animalisme ou celle du climat alimentent les esprits de culpabilités diffuses et atténuent l'exaspération des travailleurs. Ces fausses problématiques brouillent le message de la gauche française vers ceux qui désormais se tournent vers les fascistes du Front national. Elles donnent l'impression aux vraies gens que les élites les ont délaissées pour s'occuper de boboïsme.

Aux trois ingrédients de l'assommoir, état d'urgence, dégradation sociale et chômage de masse, on peut donc en ajouter un quatrième : l'écologie.

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