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Penurie d'essence : un conflit difficile a justifier

par Erasmus Tharnaby

Penurie d'essence : un conflit difficile a justifier

Un conflit est toujours la conjonction d'intérêts concurrents. Une crise ne suppose ni morale ni limite.

On peut, comme les medias aux ordres, s'appitoyer a l'envi sur le sort des malheureux automobilistes qui ne pourront pas aller travailler demain. Leur stress social, comme une sorte de masochisme, est déjà largement causé par la situation dominante du patronat et des banquiers, le chantage au chômage, aux bas salaires, mais ne suscite pourtant de leur part qu'une colère modérée.

On ne trouve même aucune colère dans l'opinion publique, ni dans les médias, a l'égard du nullissime ministre de l'interieur Bernard Cazeneuve, celui la même qui ne sut pas empêcher la tuerie de Charlie Hebdo, ni celle de l'Hyper-Casher, ni même celle du Bataclan et qui pourtant continue de pavaner devant des journalistes acquiesceurs.

Pas le moindre ressentiment non plus a l'égard de Michel Cadot, le très droitier préfet de police de Paris, qui a, sinon organisé, au moins autorisé la manifestation des policiers sur la place de la République, manif qui a débouché sur l'agression de quatre infortunés agents de la force publique dans leur voiture de fonction. Cette séquence de guérilla qui tourne en boucle en ce moment dans les médias d'"information" n'est jamais remise en contexte. Pourtant, elle est la conséquence directe et malheureuse d'une invraissemblable provocation de la part des pouvoirs publics et en particulier de M. Cadot, ancien élève d'Assas. Faire défiler les porteurs de matraque sur le lieu où tente de s'organiser une forme de résistance à l'ordre des banquiers reste une provocation. C'est un peu comme si un chômeur SDF allait s'installer devant la porte du logement d'Emmanuel Macron. Hélas, il n'y a pas de matraque contre les policiers. Espérons que le tribunal de l'Histoire retiendra le véritable sens de cette infâmie.

L'adoption de la loi El Khomri signifie la fin des conventions collectives.

L'origine de la violence se trouve là. Dans ces conditions, il est logique que les salariés qui peuvent se mobiliser sans craindre de perdre leur emploi le fasse avec virulence. L'agression caractérisée que constitue l'abandon pur et simple du dialogue social, en échange d'une parodie de syndicalisme, constitue un retour en arrière d'un siècle quant aux droits et à la protection sociale des gens.

De son coté, le gouvernement tient à cette réforme parce qu'elle est vraissemblablement une monnaie d'échange avec l'Europe des banquiers. Les exigences des créanciers se font plus pressantes et la menace de finir comme la Grèce n'est plus de la politique-fiction.

Il faut évidemment rompre avec cette logique de violence initiée par le gouvernement. Valls a vécu et doit être remplacé. Ses coups de menton à l'égard de la jeunesse, des ouvriers, des syndicats n'auront pour effet que d'exaspérer davantage la population à l'égard du pouvoir et de jeter les électeurs dans les bras de la famille Le Pen et des néo-fascistes.

L'inversion de la hiérarchie des normes doit être enlevée de la loi. Elle est le point d'achoppement incontournable.

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