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Brexit : pour une Europe enfin émancipée ?

par Erasmus Tharnaby

"Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé." Telle pourrait être la devise des Anglais en ce jour de référendum contre l'Europe. Après l'avoir tant chérie, tant voulue parce qu'elle leur rapportait, les Anglais de M. Cameron refusent désormais l'Europe ultra-libérale qu'il a tant aidé à construire.

Quel dommage !

Après nous avoir refilé la pop music, le mouvement punk, les écoles Diwan, James Bond, la méthode globale et autres nuisances typiques des années 70, le royaume claque la porte avec fracas. Comme le remarque justement un journaliste du Point, quelle que soit l'issue du vote, les choses ne seront plus jamais comme avant.

Mais pensez-vous que les huiles européennes qui laissent les lobbies nous gouverner changeront leur fusil d'épaule ? Ils n'y verront aucune raison objective de modifier le mode de gouvernance anglo-saxon. Mieux encore : ils continueront d'utiliser une langue dont le pays d'origine ne fait plus partie de la communauté. Une langue qui ne sera langue officielle d'aucun pays de la communauté, à part Malte.

Pensez-vous aussi que le vote mènera à une rupture brutale et complète ? C'est très peu probable tant les banquiers qui nous gouvernent ont horreur des coups de théâtre. Il y a fort à parier qu'un statut intermédiaire, éternellement transitoire, sera adopté permettant de piétiner tranquillement le vote des citoyens. Comme ce fut le cas pour tous les autres votes référendaires européens jusqu'à présent, quand ils n'étaient pas favorables aux banquiers.

Il reste tout de même dommage que la question de la présence de l'Angleterre en Europe n'ait pas été posée à tous les Européens. Et d'une façon plus générale, la présence des élites européennes à la tête de la plus grande puissance économique mondiale pourrait faire plus souvent l'objet d'un référendum. Ce serait un premier pas vers une Europe solide et stable. Exactement ce dont ne veulent pas les Anglais.

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