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Burkini : encore un faux débat

par Erasmus Tharnaby

Burkini : encore un faux débat

Le Conseil d'Etat s'apprête à donner son avis décisif sur l'arrêté pris dans certaines communes de la Côte d'Azur au sujet de l'interdiction du port du burkini. Comme de coutume dans ce genre de buzz, chacun y va de sa surenchère provocatrice pour faire parler de lui. Les élections ne sont pas loin.

Le niveau des océans ne monte pas davantage que celui des débats en France. Alors que la préoccupation principale des gens n'est ni l'écologie, ni le communautarisme religieux, les démagogues de tous poils s'intéressent surtout aux questions identitaires. Ils viennent lécher la vitrine installée par les néo-fascistes du Front national qui restent, eux, muets et impassibles. Ils savent que cette foule agglutinée devant leur présentoir nauséabond leur amènera toujours plus de clients sans qu'ils aient seulement à prendre la parole.

Pourtant, celui qui a un vrai problème identitaire, c'est Manuel Valls. Premier ministre d'un gouvernement de gauche, il défend des arrêtés humiliants pour les femmes qui en sont la cible (une fois de plus), arrêtés pris par des maires situés politiquement à la droite du parti Les Républicains (sic !).

Certes, ces maires cherchent à s'attirer les bulletins de vote des électeurs séduits par le maigre programme néo-fasciste et les oeillades de Marion Maréchal-Nouvoila, et n'hésitent pas à employer les pires moyens. Mais Valls ?

Pourquoi a-t-il tant tenu à faire voter la Loi Travail, une loi qui était au programme de Sarkozy en 2012 mais pas dans celui de Hollande ? Bien sûr, c'était pour calmer les pointilleux commissaires européens et leurs fichus 3%, mais tout de même ! Etre un fils d'immigré et soutenir ceux qui stigmatisent la communauté musulmane, c'est un peu fort, non ?

M. Valls se drape dans les idéaux de la République, mais s'agit-il d'une intention si différente dans l'esprit des paranoïaques présumés qui administrent les plages du sud-est ? Dans les deux cas, il s'agit de préoccupations égalitaires, mais il ne s'agit en aucun cas d'un trouble à l'ordre public.

En réalité, ce procès d'intention cache une idéologie beaucoup plus ancienne et rétrograde : le paternalisme. Ce bon vieux paternalisme qui ordonnait aux femmes de mettre un fichu de leur plein gré, dans les années 50 en France (et en Espagne ?). Ce paternalisme religieux ou laïcard qui voit dans l'émancipation des femmes le seul véritable danger social, après la CGT.

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