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Journée sans voiture : à quand la journée sans écologie ?

par Erasmus Tharnaby

Journée sans voiture : à quand la journée sans écologie ?

Au sujet de la journée sans voiture organisée par la Chantal Goya de la Mairie de Paris, on peut relire comme une bulle papale l'annonce qui en est faite sur le site de la ville. Elle date du 8 juin 2016. Elle commence ainsi : "Après le succès de la Journée sans voiture l'an dernier, la Ville renouvelle l'événement cette année, en élargissant le périmètre jusqu'à multiplier par cinq le secteur contrôlé dans Paris intra-muros."

J'ignore comment la Mairie mesure le taux de succès d'un tel diktat. Au nombre de coup de matraque ? Au nombre de malheureux balieusards qui n'ont pas pu franchir les barrières de sécurité ?

Quoiqu'il en soit, et en dépit des mauvais esprits, la Reine des Gentils Parisiens a décidé, dans son auguste clémence 100% bio, d'amplifier l'expérience. Bel effort ! Quelques coups de matraque supplémentaires suffiront bien à faire entrer dans le crâne des récalcitrants qu'il faut prendre le bus, le métro, le RER, le vélo ou rester chez soi. Ils ne peuvent plus faire de vélo ? Qu'ils aillent chez leur chiropracteur !

T'habites en banlieue ? Bien fait pour ta gueule.

Pendant que le monde se replie sur lui-même, que les Français rêvent de devenir une nation de dégénérés consanguins avec la famille Le Pen, que "Tout le monde joue avec la France" (laquelle ?), les Parisiens ne veulent jouer qu'avec des Parisiens.

Allez, on suit le fil de ce monument de la littérature hidalguienne : "Sensibiliser les habitants à la nécessité de modifier leur comportement vis-à-vis de la voiture fait partie des objectifs de cette journée, qui vise aussi à être un symbole pour montrer que les villes peuvent et doivent inventer des situations concrètes pour lutter contre la pollution de l'air liée au trafic routier."

Déjà, les gaz d'échappement dans la pollution de l'air parisien, c'est peanuts. Ce n'est pas négligeable mais sous-entendre son importance relève de la propagande. En effet, depuis 25 ans, à Paris, le taux de CO2 a été divisé par deux. Celui des polyoxydes d'azote a été divisé par deux et celui de monoxyde d'azote par plus de trois. Et ainsi de suite pour les microparticules, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone et le benzène (Sources Airparif dans l'article Pollution de l'air de Wikipédia). Le seul taux qui augmente nettement est celui de l'ozone, dont l'origine dans l'air n'est pas directement anthropique.

On ne comprend donc pas très bien pourquoi une telle décision s'impose. Et de quoi même deviendrait-elle symbolique ? Je pense aux gens qui ont besoin de leur voiture pour travailler, ou même qui gagnent leur vie avec : les artisans, les livreurs, les médecins et kinés, les cadres commerciaux, etc. Voient-ils comme un symbole incontournable de se passer de leur voiture ? Ceux qui travaillent loin de chez eux jugent-ils d'un bon oeil ce symbole que Mme Hidalgo semble voir briller dans le ciel radieux d'un Paris enfin laissé aux rolleristes élevés au tofu bio ?

Par contre, imagine une journée sans écologie !

Une belle journée d'automne où personne ne vient vous seriner que si un enfant meurt à l'autre bout de la Terre, c'est de votre faute parce que vous osez aller au boulot en voiture. Vous allumez la radio et vous n'y entendez aucune injonction accusatrice du genre "L'énergie est notre avenir, économisons la." Vous prenez le petit déjeûner sans être la victime plus ou moins consentante d'un transfert scabreux de culpabilité. Vous partez au travail l'esprit libre. Vous pouvez vous garer facilement puisque personne ne vous menace de sanction financière lourde si vous laissez votre voiture ici ou là, même si ça ne dérange personne. Vous allez acheter un appareil d'électroménager sans taxe carbone. Vous rentrez le soir et vous regardez un documentaire animalier sans la moindre remarque culpabilisante pour l'humanité tout entière.

Une journée sans écologie pour un monde moins culpabilisé, plus serein, plus à même d'affronter ses vrais problèmes de santé publique, de transport, d'industrie, de logement. Une journée entière sans le WWF, sans le pusillanime Nicolas Hulot, sans cette pseudo-science assoiffée de pouvoir créée par l'ONU, sans marché carbone, sans mensonge planétaire.

Une semaine sans écologie.

Un mois entier sans écologie.

Une année entière sans écologie. Plus de ministère. 13 milliards d'euros économisés dans le budget de la France. De quoi remettre au boulot un paquet de monde.

Mais ça n'arrangerait sûrement pas notre bilan carbone...

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