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Animalisme : au royaume du n'importe quoi

par Erasmus Tharnaby

Animalisme : au royaume du n'importe quoi

Il y a une semaine, le nouveau billet de 5 livres Sterling de la Banque Centrale du Royaume-uni a fait scandale parce que du suif entre dans la composition du support. Les véganes de tous poils ont pétitionné dare-dare recueillant une palanquée de signatures en un temps record. Toute cette masse de petits censeurs amateurs a fait plier la banque : les crânes d'oeuf cherchent une solution et un nouveau papier. Cette anecdote me rappelle les intégristes du hallal, du casher ou autres enrégimentés de l'estomac.

Rassurez-vous, cette nouvelle religion, ce nouveau dogme n'a pas fini de nous pondre des surprises. S'appuyant toujours sur l'idée que la souffrance animale vaut bien la souffrance humaine, même si elle est muette, élever des poux sur sa tête sera bientôt du dernier chic.

Fini aussi la corvée des acariens, aspirateur, lessive, etc. Votre enfant est allergique ? Et alors ? Il n'a qu'à expliquer à ces petites bestioles qu'avoir des droits leur donne aussi des devoirs et qu'il convient de ne pas laisser traîner ses déjections allergènes un peu partout. Je suis sûr qu'armé de leur souffrance plutôt que du langage, ils vont comprendre.

L'Humanité doit certainement beaucoup à Jérémy Bentham en ce qui concerne les droits des femmes, l'abolition de l'esclavage, etc. Mais adopter le principe de moindre souffrance n'oblige pas à l'appliquer à n'importe quoi. Puisque l'Humanité se pense comme Humanité, qu'elle constitue une communauté appelée civilisation (pour reprendre l'argument de Maximilien de Pontailler), elle défend les droits de ses individus et leur impose des devoirs. Les moralistes à la petite semaine, les apprentis scrogneugneux, les chemises vertes qui voient dans la découverte des oeuvres du vieux Bentham l'occasion de balayer deux siècles de philosophie se trouvent une nouvelle façon d'exister. Avec une suffisance invraisemblable, ils néo-fliquent à qui mieux mieux, claironnant sur nos modes de vie avec la foi des nouveaux convertis.

En particulier, ils bataillent sur Internet avec les arguments fallacieux que leur inspire leur Messie. Ils traitent de tortionnaires ceux qui mangent de la viande en assimilant l'abattage des animaux de boucherie à de la torture, ils insultent l'Humanité dont ils sont issus en caricaturant l'être humain toujours décrit comme un barbare assoiffé de violence, ils cherchent à répandre la haine vis à vis de leurs semblables par des amalgames et des sophismes et ne comprennent pas, sûrs qu'ils sont de leur fait, qu'on puisse avoir une opinion différente de la leur.

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