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Bill Gates et le nucléaire : contre les humano-sceptiques

par Erasmus Tharnaby

publié dans Monde-Mondo

   Ce qui est intéressant dans l'information selon laquelle Bill Gates aurait reçu le soutien de Toshiba pour poursuivre le projet de développement d'un réacteur civil capable de produire de l'électricité pendant soixante ans sans recharge à partir d'uranium pauvre en isotope 235, c'est son traitement par les médias francophones.
   La première info, c'est que Bill Gates est un milliardaire et, qu'après tout, une info qui concerne un milliardaire, ça fait forcément 10 secondes dans un bulletin radio du matin. On y est bien obligé, quoi... (France-Inter ce matin)
   La deuxième, c'est que le CEA, qui ne brille pourtant pas par sa capacité à se remettre en question, est sceptique. Le Figaro fait un quart de son papier sur le scepticisme du CEA. Ça vaut bien ça. Sur un autre site du Figaro, le projet est qualifié de "futuriste", tant le quotidien aimerait que tout cela reste utopique...
   C'est dans Libération qu'on en apprend beaucoup plus sur le détail du projet : "Selon Terra Power, le TWR consommerait donc beaucoup moins de combustible qu'un réacteur classique, produirait moins de déchets radioactifs et réduirait les risques de prolifération de matériaux nucléaires sensibles."
   L'Expansion a la même pige que Libération et la publie un peu plus tard.
La Tribune de Genève aborde l'info sous l'angle ironique et s'appuie sur les propos d'un expert (encore un !) sans les commenter : "Les physiciens rivalisent d’ingéniosité lorsqu’il s’agit d’inventer un nouveau type de réacteur. Mais le nucléaire, c’est lourd, très lourd. Et beaucoup de ces projets échouent quand il s’agit de les mettre en œuvre. Car au bout du compte, il faut que ce soit très sûr et que cela produise de l’électricité." (Bruno Pellaud) La T.G. oublie qu'ici, c'est Toshiba qui s'en mèle. Il y a tout de même des chances que le leader mondial finisse ne se contente pas de simulations. Ça n'empêche pas la TG de qualifier ce projet, qui n'existe que "sur le papier", de "conte de fées".
   Tous ces médias ne commentent pas le fait remarquable qu'un milliardaire consacre un partie significative de sa fortune à des projets destinés au développement de l'humanité, fût-elle génératrice de bons et loyaux dividendes.
   Néanmoins, une ligne de partage se dessine, entre progrès et status quo, très logiquement : on peut constater que les plus sceptiques sur ce projet sont liés à la vieille droite conservatrice.

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