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Claude Pénit : entre omissions et parti pris...

par Erasmus Tharnaby

publié dans France-Francio

Dans une tribune datée du 26 mars dernier, Claude Pénit, biologiste chevronné, polémiquait sans grand éclat sur un article de l'illustre Jacques Le Goff écrit une semaine plus tôt. Il s'appuie lourdement sur les écrits d'un autre analyste, Dipesh Chakrabarty sur le site Eurozine.

L'arrogance de celui qui se sait avoir le nombre pour lui (et "Le nombre est l'argument du pire"...) le dispute au conformisme le plus veule. Monsieur Pénit considère l'article de Jacques Le Goff comme "un exercice un peu désespéré".

Il lui reproche l'emploi d'"anathèmes" et d'"outrances". Les anathèmes et les outrances, il me semble qu'elles se situent du côté de l'expression "révisionnisme" utilisée et revendiquée par Cécile Duflot.

Dipesh Chakrabarty, historien réputé issu du mouvement indien des subaltern studies, est le disciple d'Eric Thomas Stokes, historien post-colonialiste anglais. Et Chakrabarty rêve de "Provincialiser l'Europe", une façon de demander, non pas un rééquilibrage du monde, ce qui ne se décrète pas, mais sa bipolarisation sur des bases différentes.

Pour attaquer les concepts historiques issus du mouvement des Annales, Pénit imagine ce dialogue improbable. Il s'agit de considérer qu'"en détruisant involontairement la distinction artificielle mais vénérable entre les histoires naturelle et humaine, les climatologues établissent que l'être humain est devenu quelque chose de bien plus grand que le simple agent biologique qu'il ou elle a toujours été. Les humains exercent maintenant une force géologique."

Or cette confusion des disciplines n'est pas due aux climatologues, auxquels, sans les nommer, on souhaite toutes les vertus, y compris l'honnêteté scientifique, mais à d'autres vénérables penseurs comme Vernadsky. Comme on ne sait plus comment continuer à nourrir la bête médiatique qui cherche à faire croire aux gens qu'en fermant le robinet, ils vont sauver la planète, on leur imagine un destin plus délirant encore. Has been la vision de Vernadsky, trop humaniste avec sa noosphère. Voici l'idéo-géologie, plus prometteuse ou plus menaçante encore, mettant au rencart l'Europe et sa CULTURE CLASSIQUE.

Un merveilleux programme.

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