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Dans la série "L'écologie vous prend pour des cons" : la fête au développement durable...

par Erasmus Tharnaby

publié dans Ecologie-Ekologio

Dans cette ville de banlieue parisienne, on aime faire la fête. C'est super ! C'est la fête au bourrage de crâne, et on en redemande, d'autant qu'il est bien difficile de refuser ! En effet, le développement durable fait partie de l'idéologie du BIEN dont parlait Philippe Muray : c'est une morale d'évidence, une certitude sans démonstration, une chose que l'on ne saurait refuser, etc.

Il n'est pas question de pasticher le délicieux vocabulaire de Muray mais on peut, sans cela, se laisser aller à une petite visite guidée : on commence par un conte musical écologiste, de l'art pour les enfants sans nul doute. Histoire d'être bien sûr d'avoir infantilisé le public par cet oxymore, l'auteure en profitera pour dédicacer son livre-disque et lui re-faire la leçon. Dans une autre salle, se jouera le spectacle Pour la planète, avec des "marionettes d'intervention pour un développement durable". Ça tombe bien. C'est pile-poil le festival qu'il lui faut. Heureusement que le paragraphe de présentation du spectacle dit qu'il ne faut pas "culpabiliser" ni "assomer le public". Ce ne sera pas la peine. C'est déjà fait puisqu'il s'agit, comme dans les années 60, d'"éveiller nos consciences", de "semer les graines d'une conscience collective", pour "un avenir réfléchi et solidaire". Je n'invente rien. Les nouveaux enfants, ceux qui, à force de telles âneries, retombent vraiment en enfance, pourront prendre en marche la roulotte Macramé-Henné-Autogestion s'ils l'avaient loupé il y a 50 ans.

Ensuite, bien peu conscients du risque qu'ils encourent, les spectateurs, les candidats à la rééducation, pourront assister à une adaptation de L'Avare de Molière.

Histoire de donner ses lettres de noblesse à une idéologie de la perdition, on renverse le mythe sans vergogne pour faire d'Harpagon un vertueux économiseur d'eau. La connerie insondable des promoteurs de cette gabegie littéraire les a empêché de se rendre compte du ridicule de la situation.

Le spectacle suivant donne encore une fois, hélas, raison à Philippe Muray puisqu'il s'agit aux parents de "traire les vaches" pour que le manège de leurs enfants puisse tourner. Là encore, c'est authentique. Une fois la référence parents-enfants tourneboulée, l'infantilisation devient naturelle, et pour tout dire obligatoire.

Je passe sur les jeux (forcément), les courts-métrages, les "actions pédagogiques" (les opérations de propagande) proposées. Elles rivalisent toutes de ruse crasse pour nous faire admettre que nous sommes coupables et que, nos comportements semblant enfantins, il serait bon qu'ils le restent définitivement.

Tremblez, pauvres spectacteurs de cette pitoyable compilation des pires bêtises que nos temps puissent sécréter. Votre esprit n'en restera pas indemne : il est une cause à laquelle personne ne saurait résister puisqu'elle est BONNE.

 

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