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Gaz de schistes : pourquoi les écologistes font autant de bruit ?

par Erasmus Tharnaby

publié dans Monde-Mondo

C'est sûrement vrai : l'exploitation des gaz de schistes aujourd'hui met en danger les nappes phréatiques et les populations en surface. Et les mouvements d'opinion attachés au Bien commun et à la santé publique ont certainement raison de s'émouvoir de l'intérêt que suscitent de telles techniques.

famine, écologie, énergie, réservesMais les écologistes sont moins attachés au Bien commun et à la santé publique qu'à leur dogme. Après tout, quelques citoyens en moins, c'est bon pour la planète !

Le problème des gaz de schistes et des réserves importantes d'énergie fossile qu'ils font miroiter, c'est que leur présence fait voler en éclat les sacro-saints modèles que le Club de Rome, ce groupuscule politique issu des multinationales, a mis en place dans les médias et l'esprit des gens depuis le début des années 70.

Souvenez-vous : Les limites de la croissance, le fameux Rapport Meadows aussi appelé La Prospective pour les Nuls, réactualisait les modèles aberrants qui firent le succès de Malthus auprès de l'aristocratie britannique, très versée dans l'eugénisme, au 19e siècle. Les cinq modèles proposés étaient même calculés par ordinateur ; quand on sait l'hystérie journalistique que déclenchait, à l'époque, le mot ordinateur appliqué à n'importe quel domaine des sciences humaines, on imagine sans peine le circus médiatique qui a légitimisé ce torchon malthusien.

On ne peut plus appliquer la méthode concurrentielle pour déterminer la durée de nos réserves en ceci ou en cela, c'est à dire trouver le point de convergence entre la courbe de production et celle de consommation. Continuer à promouvoir "La prospective pour les Nuls" quand on possède un recul de 40 ans n'est même plus de la mauvaise foi.

En effet, ni la courbe de consommation, ni la courbe de production d'une ressource ne suivent un parcourt linéaire ou exponentiel ou géométrique : nous vivons dans un monde où l'être humain produit des découvertes, des bouleversements, des sauts quantitatifs et ne se réduit pas au troupeau bêlant et affamé que l'aristocratie anglaise aimait tant voir dans le livre de Malthus.

Ainsi, chaque fois qu'un saut quantitatif menace, on entend les "idiots utiles" des malthusiens, c'est à dire les écologistes et le troupeau médiatique qui les suit volontiers, on entend donc ces populations hurler au scandale. Ce fut le cas pour l'énergie de fusion qui "menaçait" de pouvoir produire un saut quantitatif en matière d'énergie. C'est le cas pour le MOX qui permet de recycler des déchets de la fission classique pour produire des déchets au cycle plus court. C'est donc aussi le cas des gaz de schistes qui provoquent un saut quantitatif aux Etats-unis, avec des conséquences sanitaires peu enviables.

Or les réserves pétrolières, c'est à dire le pétrole directement exploitable mais non encore exploité représentait 770 milliards de barils à la fin 1985 mais 1200 milliards de barils à la fin de 2005. Et voilà que le Bureau des réserves en pétrole maritime et schistes bitumineux aux Etats-unis évalue les réserves mondiales actuelles à 1600 milliards de barils de pétrole issu de ces nouveaux gisements ! Ce qui figurait jadis sous l'appellation "pétrole non-conventionnel" est devenu, du fait des progrès techniques et de la demande, "pétrole conventionnel". C'est ce genre de discontinuité qui représente, pour les écologistes, une atteinte au dogme.

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