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La pollution idéologique jusqu'au Diplôme National du Brevet

par Erasmus Tharnaby

publié dans France-Francio

Non content de consacrer une part importante des programmes scolaires à des questions politiquement orientées et sans valeur objective, insatisfait du niveau de connaissances réelles encore présentes dans les cerveaux des élèves, encore avide d'étendre sa goebbelsitude à tous les esprits en formation, Homo Ecologicus s'invite au débotté dans les épreuves d'examen, de concours comme cette année encore à l'épreuve de maths du DNB.

Un copieux problème permettait aux élèves d'apprécier les mérites de la récupération des eaux de pluie pour une famille de 4 personnes installant une citerne à cet effet. A l'occasion des 2h dont ils disposaient pour plancher, l'élève modèle devait estimer la rentabilité de l'installation en fonction des données pluviométriques locales ou de sa consommation. "Détendre-Informer-Toucher", le mot d'ordre des publicitaires des années 70, devient pour Homo Ecologicus : "Divertir-Désinformer-Culpabiliser".

Et devinez quel était le sujet de géographie ?

Le Japon, évidemment !

Selon les époques, les thématiques "dans le vent", les sujets "acquiesçants" changent mais leur prégnance dépend du caractère autoritaire du régime en place. Sous Staline, il était de bon ton de composer un oratorio sur des extraits des discours de Lénine. Versifier à l'infini sur la supériorité de la race aryenne était bien vu du régime hitlérien, sans qu'il soit besoin de le demander. Aucun livre ne s'imprimait sous Louis XIV sans un couplet mouillé de reconnaissance pour le Roi-Soleil. Il n'était même pas nécessaire de s'appuyer sur une police politique. Les auteurs courbaient volontiers la tête.

De la même façon, pour obtenir des crédits de recherche, il ne suffit pas d'être talentueux. Il faut être "dans le vent" et rattacher à tous prix son sujet de recherche au goût uniforme des commissions d'attribution, aux concepts néo-moraux rétrogrades et nauséabonds qui nous sont infligés par brouettée : biodiversité, durabilité, pureté, naturalité. Un dossier de financement, une aide à l'embauche, un projet scolaire ou universitaire a toutes les chances de son côté s'il fait vibrer astucieusement ce genre de grosse cloche.

Sous un aspect faussement rationnaliste, cette épreuve de mathématiques "écologique" est donc bien "dans l'air du temps" : parfaitement recyclable, elle habitue les futurs Homo Ecologicus adultes à adopter les bons réflexes irréels, les attitudes utopiques qui ne se discutent pas, les solutions illusoires qui ne font pas débat, les choix "naturels" qui sentent la bouse de vache. Elle leur indique la voie de la réussite sociale, le sens de l'acquiescement, du devoir librement consenti.

C'est toute la valeur de l'écologie : fabriquer des citoyens culpabilisés, apeurés, dont l'esprit, plongé dans une fausse rationnalité, perd tout sens de la critique.

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