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Overdose d'O-vert-dose

par Erasmus Tharnaby

publié dans France-Francio

   Au cours d'un rassemblement festif (comme il se doit), le 6 mai dernier, un groupuscule bien médiatisé, le REFEDD, a organisé une séance de psychose collective avec bouffées délirantes pour insolvables boutonneux sous la forme d'une manifestation ironique, c'est à dire d'une fausse manifestation anti-écologiste. C'était sous la Grande Arche de La Défense et le bouc émissaire était, cette fois, le groupe Total. Le jour où il y aura de vraies manifestations anti-écologistes, ce à quoi j'appelle ici très clairement, la réalité se rappellera au bon souvenir de ces hordes animales soucieuses d'écraser le peu qui reste d'impureté dans le paradis immobile qu'ils préparent.

   Rien que de très normal dans cette manifestation totalitaire qui ne surprendra que les passants inattentifs, dans ce goût à afficher des slogans mal écrits qu'on ferait pourtant bien de prendre au premier degré, tels que : "Les Pandas, bon débarras", "Cyclistes terroristes", "Les générations futures, elles avaient qu'à être là avant !"

   Le mécanisme censé être à l'oeuvre consiste à obtenir un sentiment d'évidence chez le spectateur, un assentiment automatique face à une expression que le lecteur est prié de trouver absurde, par le truchement d'un inéluctable transfert. Chez ces petit-bourgeois donneurs de leçons de morale boboïste, partisans de l'éthique chic et choc, la liberté de pensée est un gros mot qu'il s'agit d'éradiquer par des méthodes de propagande que n'aurait pas boudé Goebbels.

   Au moment où l'automobiliste présumé innocent, client obligé de Total et de ses collègues titulaires de pompes à fric, se retrouve une fois de plus traité expressément d'assassin dans les médias sans que personne ne s'en offusque, la synergie fonctionne comme une embuscade. Pour ces étudiants pas encore totalement confrontés au monde du travail, à la réalité des relations humaines entre des vrais gens, c'est une petite lampée de rêve exutoire, un éco-défoulement pas cher, une éco-procession au parcours bien balisé, totalement sécurisé, 100% biologique, où la prosternation devant l'idéologie dominante reste le maître mot. Il faut bien aller, bêlant, jusqu'au siège de Total où se regroupent quelques centaines de salariés qu'on espère honteux, pour trouver encore une parcelle de résistance à l'éco-décervelage généralisé.

   Quand supprimera-t-on, à l'éco-mitraillette, les derniers fumeurs regroupés en bas de ces immeubles ? Quand décrétera-t-on obligatoire le port du petit panda sur un brassard ? A l'heure où les décrets municipaux, dans les communes du Boboland, jettent les cyclistes à la face des automobilistes dans les sens uniques de leurs riantes cités, le cycliste est déjà, de fait, un bouclier humain pour l'idéologie écologiste à la manoeuvre. Quand supprimera-t-on, à l'éco-mortier anti-char, les dernières voitures à s'aventurer en centre-ville ?



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