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Scandale financier en perspective : les ADR non-parrainés.

par Erasmus Tharnaby

publié dans Monde-Mondo

On a peu parlé, en France, de l'Argentine qui renationalise par la loi ses ressources pétrolières. C'est dommage, puisque pendant la campagne présidentielle, il a été fort questions des moyens de restaurer la croissance et la confiance.

Pendant ce temps, les affaires continuent et l'imagination des financiers pour piller les Etats n'a pas de limite. Dernier exemple en date :  les ADR non-parrainés. Ce qui suit vient des actes d'une table ronde organisée le 18 janvier dernier par la Fondation Lecanuet au Sénat. L'intervenant est le journaliste et économiste Pascal Junghans.

Que se cache derrière ce nom barbare, ADR non-parrainé ? On connaît les bons émis par des sociétés pour lever de l'argent à moindre frais auprès d'institutionnels tels que les caisses de retraite américaines. Ce sont des ADR (American Depositary Receipts, reçus américains de dépôt) simples, qui sont levés sur une sorte de "second marché", plus risqué et plus volatil. Ce sont les sociétés, américaines ou non, qui décident de proposer ces bons.

Or un avocat américain a trouvé, dans la loi, un vide juridique qui permet de créer des ADR sans nécessiter l'accord des entreprises. Ces sont les ADR non-parrainés. A partir de ce moment, 1400 entreprises de taille mondiale se sont trouvées sous la coupe de ces ADR unsponsored. En France, ce sont Bouygues, Accor, EDF, PPR, Vivendi et autres. Les créateurs de ces bons contestables se nomment Bank of New York, City Bank, Deusche Bank, etc.

Toujours d'après Pascal Junghans, et pour une raison qu'il n'explique pas en détail, ces entreprises ne peuvent plus acheter d'autres entreprises aux USA à moins de renégocier, à coup de milliards de dollars, le retrait de ces bons moralement pourris. C'est donc une forme de prise en otage. Le pompon, c'est que les cabinets d'avocats qui proposent leurs services pour prévenir ce type d'action ont participé à la création de ces ADR pourris. C'est donc une forme de racket.

Il est temps que, par leurs propres armes, les avocats qui mènent le monde à sa ruine soit mis hors d'état de nuire. La loi doit s'imposer au niveau mondiale pour interdire ces marchés désastreux qui n'ont aucun rapport avec la réalité économique et la réalité humaine. L'exemple de l'Argentine est parfaitement représentatif du retard que prennent nos politiques, soit par idéologie, soit par peur du corps des inspecteurs des finances.

Le partage des activités de collecte et de spéculation au sein des banques, comme l'a proposé Cheminade, ne suffira pas. Il faut mettre en liquidation puis interdire ces activités, purement et simplement. Il sera difficile à ces nantis de nous faire pleurer en nous montrant en boucle les images des yoopies avec leurs petits cartons en bas de l'immeuble. Ils n'auront qu'à ouvrir une pompe à essence en Argentine.

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