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Une soirée de propagande comme les autres au JT de Boboland

par Erasmus Tharnaby

publié dans France-Francio

    Au JT de Boboland, l'écologie se décline à tous les modes. On commence avec un sujet sur les doutes des autorités allemandes quant à la responsabilité des concombres dans l'histoire d'intoxication alimentaire qui a tué une vingtaine de personnes. On assiste, là, à un grand moment de télévision : le producteur de concombre espagnol passablement exaspéré par le défilé des journalistes dans sa réserve répète son numéro. Il ouvre un concombre en deux et le croque devant la caméra. Et là, le journaliste écologisé, ménagèredemoinsdesinquanteans-isé, c'est à dire abrutisé, lui demande avec une anxiété de commande toute journalistique si ce qu'il fait "n'est pas dangereux", comme si le producteur de fruits et légumes venait de croquer dans une barre d'uranium en provenance directe de la centrale de Fukushima.

    Il est par contre dangereux aujourd'hui de croquer dans un JT de Boboland. Les risques de contamination à la connerie sont insondables.

    Ensuite, c'est un sujet sur la sécheresse. Il faut noter la prudence de l'éco-journaliste sur la question du réchauffement. Il est désormais inutile d'en parler tant le bourrage de crâne permet d'obtenir cette pensée sous-jacente dans l'esprit des télé-zombies. Le mois le plus chaud depuis 1900, la sécheresse de 1976 enfoncée, etc. C'est bon, ça, Coco !

    D'où l'éco-sujet qui suit, concernant la façon dont des agriculteurs du fin fond de quelque part en France ont investit leurs capitaux de façon coopérative pour ne jamais manquer d'eau. A Boboland, ça ne s'appelle pas un modèle économique, une solution pratique à des problèmes concrets ou encore un investissement industriel. L'éco-présentateur préfère utiliser les vocables en vigueur dans la nov-langue boboïste et appeler ça du développement durable, une façon écologique de faire ceci ou cela, etc. Et tous les éco-intervenants d'y aller de leur éco-acquiescement... Inutile de répéter : le lecteur est imbibé de cette bouillie verbale dont la principale propriété est de n'avoir aucun impact sémantique sur l'environnement culturel de l'éco-spectateur. Il n'y a là-dedans que du symbolique, que de ce vide hypnotique dont la pureté conceptuelle assure depuis 50 ans le succès du discours écolo.

    Ensuite, un sujet hallucinant de vacuité sur une institutrice mexicaine qui a rassuré des enfants pendant une éco-fusillade entre des parrains de la drogue. L'éco-présentateur fait tout de même 2 minutes sur une non-information au sujet d'une non-personne dans un non-endroit. Inutile de dire qu'il n'y a pas un mot pour les vraies victimes. A Boboland, le mot victime ne s'applique qu'aux enfants. En terme d'économie de cerveau, ça s'appelle sûrement de l'information durable.

   Un petit mot sur l'affaire DSK et sa bataille d'avocats appointés, le temps de voir une fausse brune bouffie monter avec son mari dans une voiture. A part le dégoût des Français pour les logements à 35000 euros mensuels, rien d'éco-compatible là-dedans, donc on passe, si l'on peut dire.

     Un sujet sur le troc de vêtements permet de monter d'un cran dans la connivence : le jeu consiste à parvenir à faire dire à une mère de famille venue échanger des vêtements que le troc, "c'est bon pour la planète !"

   En résumé, un JT de 20h comme les autres à Boboland. Eco-consensuel, nov-languisant, totalement tourné vers cette économie de pouvoir symbolique que représente aujourd'hui le totalitarisme écologiste.

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