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Corrida : derrière les bons sentiments, la barbarie

par Erasmus Tharnaby

Si on cherche, après cet été, une manifestation éclatante de la dictature des bons sentiments, c'est bien le mouvement anti-corrida qui remporte la palme.

A Rion-des-Landes le 28 août puis à Carcassone le 31, un groupuscule d'activistes anti-corrida s'est illustré par des actions plus ou moins spectaculaires destinées à sensibiliser le grand public à l'aspect délirant de leur cause.

Sur le site de la FLAC, l'organe associatif qui regroupe ces dormeurs debout, on retrouve les signatures du tout-Boboland : Elizabeth Badinter, Michel Onfray, Francis Lalanne, Gisèle Halimi, Philippe Val, j'en passe... Les milieux écolos sont en première ligne sur ce terrain brûlant, on s'en doute : Alain Bougrain-Dubourg et Yolaine de la Bigne tentent de voler la vedette à Théodore Monod, le pape posthume et halluciné de ce désert d'intelligence.

Car tuer les taureaux et en faire un spectacle, bien sûr, ce n'est pas bien. Dans le cadre de la nouvelle morale sociale et totalitaire que tous ces bons-penseurs nous infligent depuis mai 68, on ne trouve que des évidences : la violence, les enfants, les animaux.

Qui songerait que la violence est une bonne chose ? Quel esprit dérangé s'opposerait à ses opposants ? Quel effronté penserait critiquer la critique de la violence ? Au nom de la Sainte Nature, ces zélateurs de la cause bobo n'imaginent pas un instant que la violence est pourtant au coeur de leur foi darwinienne et que la survie du plus fort, qui est le ferment du système écolo-darwinien, survivra à leurs combats illusoires. Théodore Monod, dont une citation orne le site de la FLAC, fut un de ces militants de la haine du réel.

Pareil pour les droits des enfants. Ah ! Les enfants ! Cibles privilégiées de ces dictateurs de l'évidence. Qu'est-ce qui ne se réclame pas, au nom des enfants !

Enfin, les animaux. A force d'avoir été bercés par des dessins animés peuplés d'animaux anthropomorphes pendant leurs enfances américanisées, nos bons-penseurs projettent à qui mieux mieux nos sensations et nos émotions d'humains sur les carcasses muettes et étrangères des animaux. Au-delà de tout bon sens, et deleuziens en diable, ils se rêvent en taureaux crucifiés, pleins de bidoche sanguinolente et le dos ornés des banderilles du martyr.

Voulant nous sensibiliser au massacre, ils piétinent et contredisent leurs propres valeurs, humanistes animaliers, pacifistes darwiniens, généreux malthusiens, chercheurs d'évidences, philosophes de la bêtise.

Intelligents mais écologistes.

Corrida : derrière les bons sentiments, la barbarie
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Sceptique 05/09/2013 11:45

Si je peux regarder le spectacle à la télévision, je n'irais pas à sa version "in live". Mais je ne vois pas au nom de quoi je l'interdirais à ceux qui aiment (encore) ça. Notre société devient individualiste, mais l'individu "libéré" ne largue pas sa tentation totalitaire (qui, avant d'être collective, est d'abord individuelle, le sujet s'adoptant comme norme.);
P.S. Je me suis abonné à votre blog, mais ça ne semble pas fonctionner.Ça fait deux billet que je n'avais pas lus.)

Erasmus Tharnaby 06/09/2013 14:30

Merci de votre fidélité. Peut-être est-ce dû au fait que je suis resté un moment sans rien écrire.
Je suis un peu comme vous. Je ne suis jamais allé en voir directement. Mais, ce n'est bien sûr pas la question. Il s'agit juste de remarquer que ces questions "fédératrice" ne sont que des petites dictatures déguisées, alimentées par le discours à coloration scientifique de quelques bons clients des médias.