Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Syrie : les écologistes pris au piège

par Erasmus Tharnaby

Jean-Vincent Placé vient de demander, au nom du principal parti écologiste, un vote au parlement en ce qui concerne une intervention en Syrie mais il y a très peu de chances qu'il soit entendu. Non seulement parce que le gouvernement ne le veut pas mais surtout parce que cela n'aurait strictement aucun effet sur la décision de François Hollande. Un tel vote ne peut être que consultatif car la Constitution ne le prévoit pas.

EELV se trouve ainsi tenaillé entre son appartenance au gouvernement, une fois de plus critiquable, et ses convictions pacifistes. Mais le parti est aussi pris au piège de sa propre propension aux bons sentiments. Le sort horrible des populations syriennes ne fait aucun doute et nous sommes loin, dans ce contexte, de la situation des Américains après les attentats du 11 septembre, obligés d'inventer des preuves pour détruire un ennemi imaginaire qui n'y était pour rien, dans le seul but de semer le chaos à travers le monde et de piller le Trésor fédéral.

Ici, au contraire, l'embarras des Américains et des Français est aussi palpable que l'arrogance de Bachar.

L'empressement surréaliste de Harlem Désir à dénoncer "l'esprit munichois" de la fronde anti-interventionniste témoigne d'une perte de repères et de sang-froid de la part de la Gauche. La nouvelle religion des Tartuffes de Boboland, la religion des Bons Sentiments, ne suffit plus à cacher l'amateurisme d'un camp politique qui écoute davantage ses traders que ses penseurs, plus DSK que Chevènement, plus les pauvres pamphlets de Paul Ariès que les oeuvres complètes de Jaurès.

Dommage. A un moment de l'Histoire où la Gauche aurait vraiment besoin d'être à gauche, les morpions de la Bonne Pensée se font entendre et menacent, aveuglément. Néanmoins, c'est une occasion historique de rompre avec les écolos : qu'ils s'en aillent !

Et ensuite, de ne pas aller en Syrie, mais pour de vraies raisons.

Syrie : les écologistes pris au piège
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Sceptique 05/09/2013 21:20

Il me semble que la gauche, celle qui se pose comme authentique, vraie de vrai, est plutôt hostile à toute intervention armée. Peur de se tromper, de prendre des amis pour des ennemis? Le pacifisme est une abstention.
La situation créée par la Syrie interpelle ceux qui font passer les valeurs humaines, et la réalité internationale, avant les définitions politiques. Nous découvrons un François Hollande que l'intéressé lui-même avait oublié dans sa litanie:"MOI, Président.....
Je ne suis pas sur que nous pourrons faire un geste utile, tant que les E.U. n'auront pas défini leur réaction. Mais, pour ma part, je trouve que c'est une juste intention, en réaction à ces actes qui sont des crimes de guerre.

Erasmus Tharnaby 07/09/2013 10:11

Que l'abstention soit "honteuse" ou "lâche" est aussi un sentiment et non une valeur.
L'argument tient donc aussi peu que le schéma simpliste qui veut qu'en dehors de l'intervention militaire franco-américaine, il n'y ait aucune alternative pour faire tomber Bachar.
Et pour être précis, la "justesse" (et non la justice) n'est pas une valeur mais le sentiment d'une valeur.
Que vont faire les Russes, si les Américains interviennent ?
Que fera Al Qaida des armes occidentales que ses militants vont immanquablement prélever sur le terrain ?
Après 60 ans de bipolarité Est-Ouest, l'occident a toujours beaucoup de mal à reconnaître un interlocuteur, un ennemi, un être doué de raison géopolitique dans un Orient qui a échappé à son contrôle. Cette incompétence congénitale me semble plus dangereuse encore que la décontraction louche de Bachar.

Sceptique 07/09/2013 06:25

Je persiste sur l'adjectif "juste", qui se réfère à une valeur et non à un sentiment, comme la pitié. L'attribution de "juste" à une action, ou à une décision, n'est jamais acceptée unanimement. Mais ceux qui refusent une attribution, ou s'y dérobent, ne représentent pas forcément une "autre" justice.
Le monde est contraint d'accepter de nombreuses injustices. Les rapports de forces sont encore...forts. L'injustice ne tue pas tout le monde. Seulement ceux qu'elle attrape. Par contre, c'est vrai, l'abstention, honteuse, lâche, ou raisonnable, ne tue pas.
Ce qui n'est pas très juste, c'est que ce sont toujours les "petits" criminels qui finissent par se faire prendre...et pendre. C'est nettement plus rare pour les grands.

Erasmus Tharnaby 06/09/2013 14:39

Une juste intention, dites-vous ? Sans mandat de l'ONU, sans concertation à l'échelle européenne, unilatéralement et avec pour principaux partenaires les cousins de ceux que nous avons chassés du Nord-Mali.
Ce n'est pas une juste intention mais une "bonne intention" au sens le plus ironique que vous voudrez bien donner à ce terme. C'est une guerre festive où les morts comptent moins que les fusées qui les tuent, où les enfants pullulent sur des images en boucle, où la bonne conscience de M. Obama vaut mieux que la balle qui tuera Bachar 1er.
C'est tout simplement absurde.