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Migrants : écologie sociale, écologie ethnique

par Erasmus Tharnaby

Migrants : écologie sociale, écologie ethnique

L'évacuation de la jungle de Calais est nécessaire pour mille raisons. Mais l'on observe avec amertume à quel point le Royaume uni exerce sa fascination sur les populations de migrants. Certes, ces malheureux parlent surtout l'Anglais puisqu'ils sont en majorité issus de territoires qui étaient d'anciennes colonies anglaises.

Mais surtout, la France, ex-terre des droits de l'homme, n'a plus du tout d'attrait en termes d'accueil, d'emploi, de droits. Plombée par les hordes d'apprentis néo-fascistes qui s'apprêtent à voter Le Pen aux prochaines présidentielles, par sa situation économique catastrophique pour les petites gens, par sa morosité générale après le cauchemar Sarkozy et l'épouvante Hollande, par son ascenseur social en panne complète, la France n'est plus qu'une zone de transit que les Anglais prient d'être efficace à leur place.

Il est surtout étonnant d'observer les attitudes de rejet très représentatives du repli sur soi ambiant, qu'il s'agisse des communes dirigées par des néo-fascistes ou des pays limitrophes comme la Belgique. Ces hommes, jeunes et seuls pour la plupart, sont considérés comme des déchets. Les autorités françaises appliquent à leur endroit une politique aussi bienveillante que possible, on peut l'observer, mais dans un compréhensible embarras. Ce sont les Français, donc, qui vont s'occuper de redonner force et courage à ces personnes qui n'auront de cesse, tels des fouteboleurs professionnels, d'aller proposer leurs talents en Angleterre où en Allemagne, où il y a plus de boulot qu'ici.

L'Europe semble fonctionner alors comme une sorte d'économie bien organisée du recyclage humain, où certaines zones (France, Grèce, Italie) sont dévolues au tri, à la récupération et à l'adaptation et d'autres (Angleterre, Allemagne) à l'exploitation de ce matériau humain. Comme une sorte d'organisation systémique où ne sont pris en compte que les flux entrants et sortants de ces nouveaux exploités nommés uniquement en fonction de leur qualité de "migrant", c'est à dire d'entrant.

La pensée systémique, qui est à l'origine du renouvellement de l'écologie dans les années 60 (Gregory Bateson, Bertrand Russell), est effectivement à l'oeuvre dans cette comptabilité humaine typiquement européenne. Qu'importe la valeur absolue et jadis intouchable des hommes, c'est toujours par rapport au système où ils entrent et sortent qu'ils sont maintenant évalués. Ici, donc, ils sont "migrants" et uniquement "migrants". Et qu'importe aussi si les pouvoirs publics ou le parti des Le Pen ne donnent pas le nom d'écologie à cette forme de gestion eugéniste : c'est bien de cela qu'il s'agit.

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