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Affaire Cahuzac : tempête dans l'Île aux enfants

par Erasmus Tharnaby

publié dans France-Francio

Il faut entendre les médias de la bonne pensée au sujet de l'affaire Cahuzac. Sur France Inter, Pascale Clark prend les airs gourmands d'un chat devant une souris, alternant minauderies et coups de patte devant Christian Jacob, représentant le groupe UMP à l'Assemblée nationale. Les expressions imagées fleurissent, les métaphores hardies, les indignations forcément légitimes... Le sentiment républicain se mange en tartine, ce matin.

dusnob.jpgHélas, si les journalistes, Médiapart en tête, se gargarisent du mot "mensonge", glougloutent et font de la ligne sur assez peu d'info, finalement, ils continuent de passer sous silence un scandale beaucoup plus insidieux et ravageur pour la santé de notre République.

Vous l'avez compris, le mensonge écologiste n'occupe pas les médias dans le même sens : devenu religion d'Etat dans une nation laïque, il continue de distiller la pensée malthusienne et la haine de l'humain à travers les institutions. Le mensonge d'Etat du réchauffement planétaire, le non-respect de la neutralité politique dans les manuels scolaires, la sacralisation de notions contestables comme la bio-diversité, tout cela reste un scandale beaucoup plus profond qu'un ministre affairiste qui planque quelques brouzoufs. Les bons sentiments mènent aux extrêmes, pas la fraude fiscale ! En l'occurence, l'écologie reste une doxa d'extrême droite déguisée et ce n'est pas la partie la plus attirante du programme du Front de Gauche.

Alors n'écoutons plus les grands prêtres de Saint Casimir venir jouer les Julie, les François pour conspuer les Monsieur Dusnob de la Terre. Avec quels airs faux-cul les bouilleurs de la grande marmite médiatique prennent en otage les petits habitants de l'Île aux enfants que nous sommes.

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Sceptique 09/04/2013 12:01

Je ne suis pas "anti-syndicaliste primaire", mais secondaire. Ma profession n'était pas salariée, mais avait des intérêts à défendre. J'ai toujours été syndiqué, et dans l'organisation même, et
j'ai pu constater, et partager, la même connerie et la même impuissance. L'État n'a pas besoin de volonté politique pour blouser les syndicats et les réduire à une impuissance réelle.
Je serais donc favorable à un syndicalisme puissant, indépendant du pouvoir politique, auto-financé, et responsable. Une "personne morale", qu'il n'est pas. Ayant le même poids que le syndicalisme
allemand ou suédois.
Ce n'est pas demain la veille, mais il y a déjà eu quelques progrès (voir le dernier article publié par le site telos-eu.com )

Sceptique 09/04/2013 07:46

Le problème des scops, solution très séduisante en cas de défaillance d'entreprise, se heurte à l'impécuniosité des ouvriers et cadres qui envisagent cette solution. Ils se tournent donc vers le
bailleur de fonds....perdus le plus accommodant, l'État. Le nôtre est maintenant limité par ses obligations européennes, et par...sa propre dèche..
Un syndicalisme puissant, bien auto-financé, et pragmatique, pourrait soutenir et bien conseiller ces initiatives des salariés. Dans l'état actuel de sa philosophie, de son choix de méthode, de son
incompétence volontaire par rejet de l'économie réelle qui l'environne, l'essentiel de notre syndicalisme ne peut que se laver les mains de ses échecs, et en aucune manière prendre en charge les
premiers pas d'une scop..

Erasmus Tharnaby 09/04/2013 10:10



Passons sur votre anti-syndicalisme primaire. Votre analyse n'est pas fausse mais ce n'est pas l'argent qui manque pour tout cela. C'est juste la volonté politique.



Sceptique 07/04/2013 06:45

En matière d'utopies, il y a la façon dont elle se situe, vers un passé plus simple, ou enjolivé, ou vers un futur à inventer, et il y a l'échelle qu'elle peut atteindre. Celles qui se tournent
vers un passé idéalisé sont rarement totalitaires. Quoique l'écologique, que vous combattez, se fonde sur l'erreur du progrès, et un retour contraignant au passé. L'écologisme sera totalitaire ou
ne sera pas, aurait pu dire Malraux!
Celles qui tournent le dos au présent, déclaré erroné ou injuste, inventent une société qui n'aura aucun défaut du passé, et toutes les qualités que la pensée peut imaginer. Opposant un bien idéal
à un mal concret, elles séduisent et peuvent accumuler une force décisive. Leur triomphe les confronte à la nature humaine, et il leur faut alors pratiquer une épuration impitoyable des tièdes et
des rebelles.
Le micro-crédit ne peut être pratiqué qu'à petite échelle....pour diminuer les risques du prêteur, et il a valu des ennuis (justes?injustes?) à son inventeur, longtemps adulé. La taxe Tobin épargne
la plus grande partie de l'économie mondiale.
Le problème général des utopies est là: ou elles restent marginales, enkystées, isolées, ou elles se font totalitaires....pour survivre dans un environnement réticent ou hostile. En même temps,
l'invention des utopies est un trait d'humanité.
Prenant en compte la "nature" humaine, ce que j'appelle l'invariant, cet égoïsme de l'individu ordinaire, sa préférence pour le premier cercle de son environnement social, sa famille, je suis
méfiant à l'égard de toute théorie ou idéologie qui ne veut pas prendre en compte ce bloc.

Erasmus Tharnaby 08/04/2013 21:06



Brillante analyse ! C'est tout à fait juste : c'est une question d'échelle. Regardez les scops pour éviter les faillites d'entreprises ! Cela semble une bonne idée mais elles sont encore si
rares...


Regardez l'espéranto : un nombre incalculable de beaux esprits trouve que c'est une bonne idée mais combien le parlent vraiment ?


Connaissez-vous Colère et temps de Sloterdijk ?



Sceptique 05/04/2013 17:35

À cette échelle, et couvertes par le droit du pays où elles sont implantées, ces utopies ne peuvent pas dériver, et restent conformes au projet initial. La situation est toute autre quand elles
concernent un pays entier, ou une communauté plus importante que le personnel d'une usine.

Erasmus Tharnaby 06/04/2013 22:51



Oui, mais pensez à tous ce qui a été présenté comme utopique par les partisans de la "main invisible". La taxe Tobin était utopique, mais on s'est rendu compte que la main était plus inamicale
qu'invisible !


C'est un exemple parmi mille autres. Je pense qu micro-crédit ou au principe du mutualisme.


C'était aussi des utopies et elles ont conquis de grands espaces.



Sceptique 05/04/2013 05:51

Serait-il d'accord avec vous? Consciemment, j'en doute. Pour ce qui est des trotskistes, je partage votre opinion. Mais, dans l'ensemble, je me méfie d'une gauche radicale, car, dans l'histoire,
elle n'a jamais tenu face au communisme, plus structuré, plus discipliné....on sait comment. Le communisme a globalement perdu la confiance des peuples, mais là où il tient bon, il transforme des
territoires en camps de concentration.

Erasmus Tharnaby 05/04/2013 16:56



Je me méfie des produits d'importation, quand ils sont de nature politique !


La différence entre la gauche que vous appelez radicale et le communisme, c'est que la première reprend la longue tradition dixneuviémiste du socialisme à la Fourier. Les exemples ne manquent pas
d'expériences qui ont fonctionné : il existe en France un musée des utopies réalisées. Devinez où ?


A Guise, bien sûr !


Autour de l'entreprise Godin. On peut le visiter...