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TEPCO : la question "de gauche" que M. Hulot ne posera pas.

par Erasmus Tharnaby

publié dans Monde-Mondo

Cet après-midi, l'opérateur privé TEPCO qui gère la centrale a dévoilé son plan de crise pour circonscrire les dégâts causés ou qui auront été causés par la centrale électrique de Fukushima. D'après ces ingénieurs, il faudra encore trois mois pour stabiliser la situation et 6 à 9 mois pour venir à bout de ces fuites.

On peut être dubitatif vis à vis de ce planning relativement vague : l'origine des fuites d'eau très radioactive n'est toujours pas connue. Mais surtout, les financiers commencent à faire tourner la calculette pour savoir combien ces accidents en série vont coûter : 24 milliards de dollar d'après JPMorgan et 130 milliards d'après Bank of America si ça devait durer plus longtemps que prévu, tous deux experts patentés pour tout ce qui touche au nucléaire. L'état japonais va donc devoir contribuer à redresser TEPCO, paraît-il...

Il ne suffit donc pas de se demander si EDF a tout prévu concernant les implantations nucléaires en France mais aussi, en cas d'accident grave, qui va payer. Plus exactement, on peut se demander à quoi sert de promouvoir la concurrence à tout prix et la privatisation des services publics si, en dernier ressort, comme pour les banques pendant la crise de 2008, c'est nous qui payons.

Les défauts de la privatisation à outrance des services bancaires sont déjà apparus et on souhaite bien que les défauts de la production électrique n'apparaissent jamais. Mais on peut aussi se demander où vont les systèmes de justice, de santé et d'éducation, laminés par la politique de vache maigres (RGPP) imposée par la Communauté Européenne. Si on ne craint rien d'aussi spectaculaire dans ces secteurs, les effets des politiques anti-public sont tout aussi certains.

La question "de gauche" que M. Hulot ne pose pas ou fort peu est donc celle-ci : quelle est la place d'un opérateur privé dans un secteur sensible, et plus généralement dans tout secteur risquant de mettre en danger, activement ou par défaut, l'intégrité physique ou morale des citoyens ?

Je passe que le numéro apocalyptique de Duflot sur France-Inter, ce soir : la même diarrhée verbale, dans laquelle on peut néanmoins distinguer l'émergence d'une nouvelle bouillie. Les tractations des écolos avec des socialistes fidèles à eux-mêmes ne peut manquer de donner naissance à l'ECOLOCIALISME, nom scientifique du boboïsme.

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