Vendredi 25 mai 2012
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14:47
Depuis l'annonce selon laquelle Total pourrait être totalement exonéré de ses fautes présumées dans l'affaire de la marée noire de l'Erika, il y a 12 ans, c'est un
véritable tollé.
Tollé parfaitement justifié, bien entendu. Une telle décision dévoilerait ce que tous les pétroliers savent déjà : un tel crime en eaux internationales restera
impuni. Serait-elle suivie d'une prise de conscience des instances internationales, habituellement si promptes à financer tant de beaux projets écologistes et médiatiques ? Rien n'est moins
sûr.
On peut constater avec stupeur le nombre d'organismes bidons, d'ONG fantômes, de laboratoires hypothétiques financés avec l'argent de l'ONU dans le cadre de l'UNEP
(United Nation Environment Program). C'est une véritable forêt d'objectifs mal connus, portés par une pléthore de belles personnes, une autoroute de bonnes intentions sous un déluge de fermes
résolutions en direction de la sauvegarde des baleines, des ouistitis à poil dur ou de la gibelonnette marsupiale.
Pendant ce temps le droit international bloblotte doucement dans la marmite des pétroliers qui continuent d'armer des épaves sous pavillons de complaisance.
Mais la double peine, c'est d'entendre les écologistes. Il paraît que c'est une catastrophe écologique. Si des oiseaux meurent, c'est une catastrophe écologique. Si
des palourdes meurent ou des espèces disparaissent, c'est une catastrophe écologique.
Si des gens meurent, tombent malades, est-ce une catastrophe écologique ? Si des communes entières sont sinistrées financièrement et du point de vue de l'activité
touristique, est-ce une catastrophe écologique ?
Le Grand Prix "C'est con pour la Planète !" revient donc à Alain Bougrain-Dubourg qui s'est lamenté, au micro de France-Inter, hier matin en rendant hommage aux
bénévoles et aux oiseaux mazoutés. Normal, il est le gentil président de la très gentille LPO, la Ligue de Protection des Oiseaux. Les auditeurs de France-Inter étaient, ce jour-là, soumis à la
double peine, spectateurs d'une récupération sans vergogne.
Par contre, on lira avec beaucoup d'intérêt l'article très précis de Corinne
Lepage dans le Nouvel Obs. L'avocate montre avec brio l'intérêt, pour Total, d'un verdict cassé.
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